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mercredi 21 août 2013

Hommage du Grand Orient Arabe Oecuménique au Professeur Sami Makarem à l'occasion de la commomération du 1e anniversaire de sa mort

( 14 Avril 1931-21 Août 2012 ) Hommage du Grand Orient Arabe Oecuménique au Professeur Sami Makarem à l'occasion de la commomération du 1e anniversaire de sa mort Grand érudit , spécialiste des " Batiniyins " le Professeur Sami Makarem nous avez fait l'honneur de participer au Colloque organisé par notre Grand Maître Mondial le TSF Jean-Marc Aractingi à la Mairie du 5ème arrondissement de Paris sur le thème " Orient et Occident à la croisée des chemins initiatiques. Afin de lui rendre hommage nous reproduisons ci-dessous sa conférence ( traduite de l'anglais) LA GNOSE (AL OURFAN) LA VOIE DE L’UNITE DIVINE ENTRE DIVINITE ET HUMANITE 1-Introduction Historique : La Voie de l’Unité Divine « Al Tawhid », est la définition que les Unitaristes Druzes préfèrent donner à cette branche Musulmane Chi îte, et qui est née d’un schisme, à partir du courant ISMAELIEN, à l’époque de l’Imam AL HAKIM BI AMR ALLAH, sixième Calife Fatimide, et ce, en l’Année 1017aprés JC (ou 408 de l’Hégire), et sous son égide, selon les sources des Mouwahhidines. Cette Voie Monothéiste a été fondée par HAMZA BEN ALI, et soutenu par le Calife AL HAKIM, jusqu’à leurs disparitions en 1021 Ap JC (411 de l’Hégire). HAMZA a confié cette mission de Prédication du TAWID, à Abi Al Hasan El TAI’Î, connu sous le nom de AL MOUKTANA BAHAA EDDINE, jusqu’à l’année 1043 ( 435 H). Date à la quelle « LA PORTE » de la DAAWA (TAWHID) a été fermée. 2- le SENS de la Divinité (Al Lahout) et de l’Humanité (Al Nassout=Immanence Théophanique ou Anthropomorphose Al Nassoutia, objet de notre conférence, veut dire le processus de l’Anthropomorphie Humaine de par son Existence et sa Mystique Gnostique, alors qu’Al Lahoutia (La Divinité), exprime ce qui est Divin de par son Existence et l’Accès à Sa Connaissance. Etant donné que Dieu, selon la Conception SOUFIE en général, et celle du courant TAWHIDI DRUZE en particulier, est l’UN et l’UNIQUE ABSOLU ( Absconditum = Hyperousion) sans aucun Attribut spécifique (Apophatique), Sa Divinité donc ne peut, en aucun cas, être Intelligée par l’Humain, qui, dont la spécificité est « l’Etant » = Al Zatia ; D’où l’Humain, malgré tous les Degrés de son Elévation vers la Perfection, ne peut percevoir du Divin, que, ce que lui permet son degré de sa Transcendance Humaine. C'est-à-dire, ce que lui permet, sa possibilité limitée, de percevoir Dieu par la Mystique Gnostique et Transcendantale. Le Principe Absolu (Dieu= Absconditum), n’a pas Créé l’UNIVERS, y compris l’Homme, Ex-Nihilo (mais Ab Initio), car ce concept (Intérieur et Extérieur= Ex-Nihilo), donne l’apparence de Limites au Créateur- Dieu. Mais « IL ABDA-A », a créé l’Homme (et l’Univers), d’une façon INCOMPARABLE (AL IBDA-Â). C'est-à-dire qu’IL l’a Intelligé de sa Propre Lumière, par une Apparence absolue, car c’est sa propre Nature d’Intelliger (Al Izhar). L’Univers, dont l’Homme fait partie, est la Traduction Obligatoire de Dieu (= Sa Manifestation Théophanique). D’où, la Création dans le sens de rendre Existent l’Univers (l’Etant) Ex Nihilo, hors de la LUMIERE DIVINE, est en contradiction avec le Principe Créateur Absolu (Absconditum), et rend la Quiddité Divine limitée. Aussi, affirmer cela, est un processus Non Unifique-Unifiant, et contraire à l’Unité Divine, car il mène obligatoirement à une DUALITE : Celle de Dieu et celle de l’Univers. Cela est en complète contradiction avec le TAWHID, ou l’Unicité Divine. Pour cela, le Soufisme et le Tawhid, ne croient pas à l’Existence de Deux Mondes séparés : Monde de Dieu et Monde de l’Homme, ou le Ciel et la Terre, le Monde de l’Immanence et le Monde Eschatologique. Par conséquent, ils ne croient pas que Dieu est quelque part et que l’Homme est ailleurs. Le Principe Absolu= Dieu, est hors du Temps (Chronos) et de l’Espace (L’Etant- Lieu). On peut dire aussi que Dieu « n’Est pas » (de verbe Être) partout, mais tout Lieu Physique est en Lui, sans pour autant dire que « en » signifie un lieu .D’où les Mouwahhidoun (Unitaristes), disent que l’Humanité (dans le sens de l’Homme) Théophanique ( Al Nassoutia), n’est pas séparée ou distincte de la Divinité. Car l’Homme est à la Divinité, ce que le Sens (Créatif) est à la Parole, et qui est l’Expression de la Divinité. Et comme la Divinité Absolue est sans limites, Sa Manifestation Humaine, à vrai dire, n’est pas extérieure à sa propre Existence, mais c’est Son Expression (Matérialisation Spirituelle). La liaison de la Parole (Créatrice) qui a son propre Sens (Matérialisation du Verbe), ne veut absolument pas dire que l’Ecriture (en tant que figure Non Symbolique) est Son Expression. Il en va de même pour l’Univers, qui, malgré qu’il exprime Dieu, et qu’il lui soit lié, n’est pas Dieu Lui-même. Il est lié, de part sa son Emanation, et Lui est distinct, de part sa propre Vérité d’Existence (Quiddité de l’Existence Divine). D’où le Paradis est sur « Terre » (L’Existence Immanente) et non pas au « Ciel », car il n’y a pas de Ciel séparée de la Terre. D’où le SOUFISME, et la Voie Unitaire Druze (Monothéiste) appellent tous les deux à se libérer de la Dualité, c'est-à-dire, de la Croyance que l’Existence est Duelle (Dichotomique) : Existence Céleste et Existence Terrestre, ou Existence bonne et autre mauvaise. Le Soufisme et la Mystique Unitaire Druze pensent que le Monde mauvais, c’est celui, dont l’Adepte fait en sorte à ce qu’il soit séparé de l’Eternité ; Alors que le Monde Immanent, non séparé, par l’Adepte, de l’Eternité, fait de cette dernière une Eternité Bonne et Vraie. Le Monde Immanent est destruction, s’il n’est pas l’Expression de l’Eternité. Si l’Homme croit qu’il est la Théophanie de Son Créateur (ThéoAnthropomorphie), et par conséquent existe par son Humanitude en Dieu, non pas en tant qu’Individu, ou encore moins en tant qu’Entité exempte de Divinité, alors il devient Mouwahhid (Ayant la Foi en l’Unicité Divine) Mais si l’Adepte croit que Dieu (Principe Créateur) possède une Quiddité particulière, et qu’il l’a créé Ex Nihilo, indépendamment du temps et de des Lieux (Espace), le gouvernant comme une simple créature, alors cet adepte « adore » Dieu par crainte de « l’Enfer », ou dans l’Espérance du Paradis. La soumission à Dieu n’est pas cela, mais plutôt celle de sa Prosternation (Adoration= Contemplation), pour qu’il puisse SE REALISER lui-même EN DIEU. Comment se réaliser en Dieu, l’UN, l’UNIQUE ; est-ce avec son Intellect ou son Cœur ? Il ne peut se réaliser avec son Intellect seul, car l’Intellect seul est impuissant, et l’impuissance est le résultat de l’Être (Etant) impuissant, comme le dit le grand Soufi Abou El Hussein El Nouri. Il ne peut se réaliser avec son cœur seulement, car le cœur seul mène à la croyance. La simple croyance est exposée au phénomène Subjectif du Moi, et le Moi est créateur de Multiplicité (Séparateur). Ce processus est contraire à l’Unicité Divine (Al Tawhid). L’Homme SE REALISE PAR L’AMOUR, et cela présuppose Deux conditions : L’Intellect montre à l’Homme, loin de l’orgueil (du Savoir), son impuissance. Le Cœur qui attire l’Homme vers Dieu comme faisant partie de lui-même. ET Dieu vers lui. Par ce phénomène, l’Homme prend conscience qu’il est de LUI, en LUI, avec LUI, et vers LUI. Cette double action d’Attraction est un Chiasme, et l’Homme sentira le Mouvement (Spirituel) de lui en Dieu, et de Dieu en lui. Alors il devient le Témoin de la Manifestation Divine, et dieu se montre à lui, autant que l’Homme représente une apparence Théophanique. La Théophanie Divine se rencontre avec la Théophanie Humaine, quant à la Divinité (Al Lahout), elle reste le moteur de cette rencontre. « Lui » est dans la Théophanie , et la Théophanie est en Lui. C’est sur cette Herméneutique que la Gnose (Unitaire Druze) base sa Foi Esotérique, qui va au-delà du Monothéisme Exotérique (de l’Islam), jusqu’à l’ÎHHSSAN, comme il été dit dans le « AL HADITH AL CHARIF » du Prophète, s’adressant à ses disciples, en définissant l’Islam ; C’est la Foi et la Bienfaisance. Quant à l’Ange Gabriel, il a dit à propos de la Bienfaisance : « Prosternes toi devant Dieu comme s’il te voit, car si toi tu ne LE vois pas, LUI, il te voit ». Cette « BIEN-FAISANCE » c’est le TAWHID DRUZE (Monothéisme Esotérique) où la Contemplation (Adoration- Prosternation- Prière) devient la démonstration de la Manifestation Visionnaire, et celle là ne peut être DUELLE. La Vision de la Manifestation, comme je l’ai dit dans mon Livre (La Connaissance dans la Voie de l’Unicité ; Londres, Fondation L’Héritage Druze, page 216 ;) ne se réalise pas simplement par la volonté du MOURID, ou postulant ; volonté subjective du Moi, mais cette Connaissance se réalise plutôt en Dieu UN et UNIQUE. A ce propos, le Grand Soufi M.B.A.J.NAFRI dans son Livre Oracles Divins : « Ô Homme, JE suis au devant de ton savoir et de ton action (travail), comme JE suis au devant de ta Vision (Théophanique) ». La Vraie Vision du Manifesté, c’est la réalisation de « Ta » Théophanie avec « Sa » Théophanie. Quant à AL Lahout (Le Principe Créateur), l’Humain ne peut y avoir accès. D’où la Connaissance (La Gnose) dans le SOUFISME en général, et dans la VOIE du TAWHID (DRUZE) en particulier, c’est la prise de conscience du Manifesté (Théophanique), et cette Théophanie c’est Dieu Lui-même, AL MOUNAZZAH (Absconditum), qui se plait à se MANIFESTER en l’Homme. On a demandé à un CHEIKH (Haut Dignitaire), si l’Homme peut abandonner DIEU ; il répondit : « Comment peut-il l’abandonner, alors qu’IL est en lui ». C’est cela la Connaissance Divine (AL- OURFAN= GNOSE) ; c’est la Rencontre de la Théophanie Divine avec la Théophanie Humaine. Docteur Sami MAKAREM 22 octobre 2011

mardi 9 juillet 2013

samedi 18 mai 2013

ISLAM ET FRANC-MACONNERIE-TRADITIONS ESOTERIQUES

Islam et Franc-Maçonnerie Traditions ésotériques Attention : En raison du report par l'éditeur de la parution du livre " Islam et Franc-Maçonnerie-Traditions ésotériques " de Jean-Marc ARACTINGI et Christian LOCHON au mois d'Octobre 2013 , la conférence du Grand Maître Mondial le Très Sérénissime Frère Jean-Marc ARACTINGI prévue pour le mois de Juin 2013 sera reportée . La date précise sera communiquée ultérieurement. www.grandorientarabe.org

samedi 30 mars 2013

La Respectable Loge Khalil GIBRAN ( GOAO ) vous invite à son Déjeuner-débat du Samedi 13 Avril 2013 autour du TIF Abraham MOUNZER, GMN de France du GOAO et Président de l'Association des Druzes de France sur le thème: La Gnose dans l'Islam Spirituel : "La Spécificité Druze"

" Khalwa " de Cheikhs Druzes La Respectable Loge Khalil GIBRAN ( GOAO ) vous invite à son Déjeuner-débat du Samedi 13 Avril 2013 autour du TIF Abraham MOUNZER, GMN de France du GOAO et Président de l'Association des Druzes de France sur le thème: La Gnose dans l'Islam Spirituel : "La Spécificité Druze" "Les Druzes ne semblent pas constituer un groupe ethnique dans la mesure où sans doute les premiers d'entre eux étaient des musulmans ( Ismaéliens venus du Maghreb, Coptes islamisés) puis après l'exode se joignirent au mouvement des musulmans de Syrie, parfois venus de la péninsule arabique, ou des Kurdes. C'est leur appartenance à un courant spiritualiste hétérodoxe de l'Islam, puis de sa composante chiite, près de sa branche ismaélienne, qui marque ceux qu'il est convenu d'appeler les Druzes et qui s'appèlent, entre eux, des " Unitaristes" ( Mouwahidoun)". "Leurs lettrés se réunissent dans des locaux fermés, où le public ne peut se rendre, à part les initiés, ce qui a conduit Gérard de Nerval dans son " Voyage en Orient " à les appeler " les Francs-maçons de l'Orient" (Extrait du livre de Jean-Marc ARACTINGI et Christian LOCHON : "Secrets initiatiques en Islam et rituels maçonniques, Editions L'Harmattan, Paris,2011") La participation au Déjeuner-débat est de 25 euros ( Mezzé Libanais) . Ouvert au public, les places sont limitées à 50. Il est donc impératif de s’inscrire dès à présent par mail au : info@grandorientarabe.org ou par téléphone : 06 72 46 37 69. Seules les personnes inscrites seront prises en compte. Lieu: Restaurant Libanais UGARIT 215 rue de la Croix Nivert -75015 Paris - Métro : Porte de Versailles www.grandorientarabe.org

dimanche 17 février 2013

La Respectable Loge Khalil GIBRAN (GOAO) vous invite à son Déjeuner-Débat du Samedi 9 Mars 2013 à 12h30 autour de Monsieur Christian LOCHON, Professeur à l’Institut de formation des Imams de la Grande Mosquée de Paris, sur le thème: « Confréries orientales et confréries occidentales » Confréries d'Orient-Confréries d'Occident La confrérie musulmane Qadiriyya est née à Bagdad au Xe siècle et a servi de modèle à ces structures pieuses, caritatives, socioculturelles qui se sont développées dans l’ensemble du monde musulman et ont résisté jusqu’à nos jours ; elles représentent l’islam de proximité, ont favorisé l’expansion de cette religion ainsi que le mixage social. L’appartenance à une confrérie, comme à une corporation de métier, est sentie comme un compagnonnage imposant des devoirs, une fraternité avec d’autres êtres et confère dans la société une certaine dignité. En Occident, les confréries se sont crées autour de sanctuaires, de cathédrales ou de plus modestes paroisses pour servir l’Eglise, soit au moment des fêtes solennelles des Saints locaux ou faire œuvre de charité auprès des indigents. On peut ainsi les considérer du point de vue religieux ou simplement humain et humaniste. Christian Lochon Lieu : Restaurant Le MAHARAJAH, 72, Boulevard Saint Germain-75005 Paris. www.grandorientarabe.org

lundi 4 février 2013

La spécificité de la vision spirituelle en Islam chi’ite, et plus particulièrement dans son mouvement ismaélien par Dr Rahmatoullah, Président de la Société d'Etudes Ismaéliennes de France Les chemins des doctrines religieuses sont comme des lignes parallèles, qui tout en cheminant dans la même direction, ne se rencontrent jamais. Les chemins d’intériorisation spirituelle sont comme des rayons d’un cercle, qui tous en partant des différents points de la circonférence du cercle, convergent vers le même centre du cercle. Nasir Khosraw présente les différentes manifestations de la Révélation divine, dans le temps et dans l’espace, comme des expressions dans le langage culturel, social et historique de chaque peuple et de chaque époque, de la même Vérité unique. Les doctrines, les lois, les normes, les pratiques et les rituels qui se développent de chaque manifestation de la Révélation, que les musulmans appellent sharia, sont autant des points différents sur la circonférence du cercle. La Vérité absolue de toute Révélation divine ne peut être que la même, et cette Vérité absolue que les musulmans appellent haqiqat est représentée par l’unique centre du cercle. Les différents rayons du cercle représentent les différents chemins d’intériorisation spirituelle, que les musulmans appellent tarîqat, qui amènent chaque adepte de sa propre sharia historique vers la Vérité absolue et unique de haqiqat. Cette vision spirituelle n’est pas limitée à l’Islam chi’ite ismaélien. Elle se trouve également chez des soufis musulmans, aussi bien sunnites que chi’ites, ainsi que chez certains mystiques chrétiens et juifs, mais aussi chez quelques sages d’autres grandes religions du monde. De notre temps, Mahatma Gandhi, en s’appuyant sur la sagesse védique, a exprimé la même vision spirituelle de Nasir Khosrow, en utilisant la même métaphore du cercle. Qu’y-a-t-il de spécifique dans la vision spirituel en Islam chi’ite ? Les chi’ites sont des partisans d’Ali, gendre du Prophète Muhammad, qui le considèrent comme le successeur désigné du Prophète, aussi bien comme Guide religieuse que comme Chef de la Cité. Mais Ali lui-même n’a pas contesté la nomination des trois Califes avant lui, en se concentrant sur son œuvre d’orientation religieuse de ses disciples. En tant que sage de l’Islam, et son 4ème Calife, Imam Ali est vénéré aussi bien par les sunnites que par les chi’ites : Nahj ul-Balagha ; Qal Tarana ; Royaume du Maroc. L’Islam chi’ite prend forme avec la réclamation de Hasan et Husayn au Califat laissé vide par leur père, Imam Ali, assassiné dans une mosquée. Il se concrétise par le massacre de Husayn et ses partisans, par Yazid, à Karbala, Pour les chi’ites, le combat de Imam Husayn contre Yazid est la suite du combat d’Imam Ali contre Muawiya, père de Yazid ; et du combat de Prophète Muhammad contre Abu Sufiyan, père de Muawiya. Pour les chi’ites, l’orientation religieuse de la communauté musulmane doit être nécessairement dirigée par un descendant du foyer immédiat du Prophète Muhammad (ahl al-bayt). Ce foyer est composé du Prophète, sa fille Fatima, son gendre Ali et ses deux petits enfants Hasan et Husayn. Pour la plupart des chi’ites, la succession à la fonction du Guide religieux (Imam) de la Communauté musulmane (umma), doit être en ligne directe, de père à fils. Notons que le mot imam est aussi utilisé dans d’autres sens : dirigeant de la prière à la mosquée ; chef d’école juridique, théologique ou philosophique, chef d’Etat. Rappelons que les cinq figures du foyer du Prophète sont aussi vénérées aussi par les sunnites : inscriptions dans les mosquées, œuvres d’art. Ainsi l’Islam chi’ite s’est développé à Médine, ville du Prophète, autour des trois descendants directs de l’Imam Husayn, de père à fils : Zayn al-l Abidin, Muhammad al-Baqir, et Jafar al-Sadiq. Ces Imams chi’ites, à l’instar de leur aïeul, Imam Ali, n’ont pas contesté les Califes de leur époque : Umayyades à Damas, et Abbasides à Bagdad, malgré leurs harcèlements Et comme Imam Ali, ils ont continué l’orientation religieuse de leurs disciples.qui n’était pas forcément tous chi’ites : Jabir ibn Hayan ; Abu Hanifa. Rappelons que la quasi-totalité des confréries soufies sunnites tracent leurs lignées, de maître à disciple, à travers Imam Jafar al-Sadiq, si ce n’est pas à travers l’Imam Ali. La vision spirituelle de l’Islam chi’ite, établi à Médine, était axé sur l’intériorisation spirituelle et, et le recul devant le matérialisme impérial des dynasties établies à Damas et à Bagdad ; ce qui nous rappelle l’orientation spirituelle du Prophète Muhammad à Médine, face au matérialisme tribal de la Mecque d’Abu Sufiyan. Pour la plupart des chi’ites de cette époque, la compréhension et la pratique du sens profond (haqiqat) de la Religion (Din) ne les dispensait pas de leur devoir d’observer les injonctions rituels, juridiques et sociales (sharia) de leur École religieuse (madhab). Ce qui implique une nécessaire mise à jour permanente de la shariat, en fonction de l’évolution de la société musulmane dans le temps et dans l’espace ; Cette mise à jour permanente est la fonction primaire de leur Guide religieux (Imam). C’est cela la spécificité de la vision spirituel en Islam chi’ite. Sans cette tradition de modernisation permanente, la Communauté musulmane (umma) est forcée de tomber en arrière, avec ses deux conséquences néfastes : la bigoterie religieuse et l’abandon de la religion. Mais pour une minorité des chi’ites de cette époque, regroupés autour d’Isma’il, fils ainé de Jafar al-Sadiq, la compréhension et la pratique du sens profond de la Religion leur dispensait de l’observation, dans leur vie privée, des injonctions rituels, juridiques et sociales de leur Ecole religieuse, car elles sont devenues sans objet. La pratique de leur shariat, mise à jour par leur Imam, était pourtant nécessaire en public, pour conserver son autorité envers ceux qui n’ont pas encore compris le sens profond de la Religion, ni appris à le pratiquer. C’est cela la première spécificité de la vision spirituelle du mouvement ismaélien. Selon la tradition ismaélienne, pour protéger Isma’il contre les soldats du Calife abbaside, Jafar al-Sadiq a expédié Isma’il à Salamia en Syrie, en feignant qu’il était décédé. Après le décès de Jafar al-Sadiq, les chi’ites de Médine ont pris Musa Qasim, son deuxième fils, comme Imam, et ont poursuivi leur lignée, de père à fils, jusqu’à son extinction, en Iran, avec leur douzième imam. Les chi’ites à Salamia, autour de Isma’il, leur septième imam, désignaient leur mouvement comme ésotérique (batinya). Ce sont les historiens qui les ont appelés ismaéliens ou septimaniens, pour les distingués des autres chi’ites appelés duodécimains. Le mouvement ismaélien historique a fleuri en Syrie, pendant cinq générations, notamment avec la rédaction encyclopédique d’Ikhwan al-Safa. Une deuxième spécificité de la vision spirituelle du mouvement ismaélien, c’est que, comme pour les individus, la Cité doit aussi être gouvernée par une compréhension et la pratique du sens profond de la Religion (haqiqat), C'est-à-dire par des ésotériques (batini), comme au temps du Prophète Muhammad, et au temps d’Imam Ali ; et non pas par des rois, ni par des élus, Cela a donné naissance au mouvement ismaélien pour la Régence de Vérité (Khalifat al-Haq), qui a aboutit à la fondation du Califat fatimide, nommé après Fatima, fille du Prophète. Les Imams ismaéliens, venant de Syrie, sont allés de Sijalmas (Maroc) à Kairouan (Tunisie), et de Mahdia (Tunisie) au Caire (Egypte). Ils ont fondé la ville du Caire, l’Université d’Al-Azhar; ainsi qu’une énorme bibliothèque, et la Maison de Sagesse (Dar al-Hikma). Après la chute du Califat fatimide, le mouvement ismaélien nizarite s’est réfugié dans les château-forts à Masyaf en Syrie, et notamment à Alamut en Iran. Là on trouve la troisième spécificité de la vision spirituelle du mouvement ismaélien. Les individus ésotériques (batini) peuvent se regrouper pour vivre dans des sociétés ésotériques, coupées du reste du monde, tout en œuvrant pour la spiritualisation du reste de l’humanité. Ces sociétés étant composées exclusivement des ésotériques, et étant coupées du reste du monde, il n’y a plus lieu de pratiquer, même en public, les injonctions rituels, juridiques et social (shariat). Chaque ésotérique gouverne sa conduite, par sa propre foi ; et il s’adapte lui-même au changement du temps et d’espace, en permanence, par son propre intelligence. La gouvernance de la société est réduite à son strict minimum. La Résurrection des résurrections (Qiyamat al-qiyamat) prononcée par Imam Hasan ‘Ala Dhikrihi’l-Salam à Alamut, fut une tentative, certes prématurée, de réalisation sur terre du paradis utopique d’une société spirituelle constituée des individus spirituels. www.grandorientarabe.org/ le 03/02/2013