La Franc-Maçonnerie arabe joue t-elle un rôle dans les révolutions actuelles du Printemps Arabe ?
Peu présente dans presque tout les pays arabes ou elle est interdite (sauf au Liban, Jordanie, Maroc), alors qu’elle était omniprésente avant les années 1950 et que ses membres sont derrière le Mouvement de la Nahda au début du 20ème siècle, elle a su comme tout ceux qui sont à l’origine des révolutions actuelles faire passer ses messages sur Internet et sur Facebook à travers le site du Grand Orient Arabe Œcuménique (1) consacré à « L’Orient Maçonnique » et qui est administré par son Grand Maître Mondial Jean-Marc Aractingi.
Cette Obédience a depuis longtemps alerté les régimes arabes que pour lutter contre l’instrumentalisation de l’Islam, les gouvernements musulmans devront séculariser le code de la famille, le statut personnel
(qui interdit à un non musulman d’épouser une musulmane), l’enseignement public et une grande partie de la jurisprudence liée par la Constitution à la charia, lecture traditionaliste depuis le IXe siècle de l’application à une société qui n’existe plus de principes juridiques sacralisés et désuets. Aussi les régimes autoritaires de la plupart des États musulmans imposent à leurs citoyens la momification de la pensée, l’immobilisme des institutions, l’aliénation des droits de l’homme et de la femme, la répression des libertés religieuses (croire ou ne pas croire) et individuelles (accès non censuré aux mass media internationaux et à l’Internet entre autres).
Alors que l’on souligne constamment le danger islamique qui menace l’Europe et le monde libre, pratiquement rien n’est dit des francs maçons, qui, malgré un danger permanent dans leur propre pays, essaient de lutter contre l’intégrisme exacerbé de certains de leurs compatriotes. Eux sont à même de démonter le mécanisme de ce faux retour aux sources, prétendant idéaliser le régime musulman des premiers temps de l’islam et le réintroduire dans nos sociétés modernes comme palliatif de tous les problèmes socio-économiques actuels
En fait, la séparation du politique et du religieux s’est effectuée dès les premiers temps de la propagation de l’islam. Ainsi les califes omeyyades déléguaient à des clercs spécialisés la gestion des affaires religieuses ; les califes abbassides s’en remirent à des sultans d’origine turque ayant pris la tête de mercenaires immigrés pour ce qui émanait du politique en se faisant reléguer dans le domaine religieux ; les sultans ottomans feront de même en créant un corps d’oulémas seuls compétents dans la jurisprudence, les affaires de statut personnel et bien sûr la gestion du religieux.
Cette manière de gouverner se rapproche d’une conception laïque à l’européenne .La laïcité n’est pas le monopole de la civilisation occidentalo-chrétienne car, dit Georges Corm, « les principes essentiels de l’islam ont un contenu libérateur et constituent l’essence de la laïcité ; cette laïcité implique la notion de neutralisation de l’État dans les affaites religieuses mais non la marginalisation de la religion dans la vie sociale. C’est le principe de laïcité qui protège les minorités »( Le Proche-Orient Éclaté , Folio Gallimard 1999) .En Irak et en Syrie, le Parti Baath fondé vers 1930 par trois intellectuels syriens, un alaouite, un sunnite, un chrétien orthodoxe, proclamait : « La religion pour Dieu et la patrie pour tous »
Les contestataires actuels des régimes confessionnellement orientés au Moyen-Orient et au Maghreb sont des intellectuels arabes et francs-maçons; ils ont des projets de société portant sur l’émancipation féminine, la liberté religieuse et bien sûr sur la démocratie. Ils citent le publiciste égyptien des années 1920 Salama Moussa qui disait : « Après avoir chassé les colonisateurs, soumis les exploiteurs, serons nous capables de vaincre le Moyen-âge dans notre vie ? » ; son disciple actuel Mahmoud Al Alem s’écrie à son tour : « Nous pensons toujours avec une terminologie archaïque qui correspond à la vie du désert. »
Mais les francs-maçons arabes ne peuvent s’exprimer dans leur pays ni les universitaires. Ainsi du Pr Nasser Abouzeyd, de l’Université du Caire qui publia Critique du discours religieux dont le contenu était dispensé dans ses cours avec un très grand succès ; ses collègues jaloux le traduisirent en justice et sous le prétexte qu’il était devenu apostat ,obtinrent du tribunal qu’il soit obligé de divorcer de son épouse, restée musulmane ;le Gouvernement égyptien le recommanda aux structures universitaires étrangères pour qu’il enseigne en Espagne puis aux Pays-Bas avec son épouse hispanisante. Cette hypocrisie générale et le recul des autorités politiques devant les exigences des islamistes poussent les universitaires les plus compétents à l’exil. Le Pr Abouzeyd avait déclaré que la lecture actuelle du Coran est une lecture politique, donc instrumentalisée et viciée par les pouvoirs en place et qu’il était nécessaire d’introduire dans l’exégèse coranique une dimension historique, lexicale, épistémologique, comme cela s’est fait pour la Bible à la fin du XIXe siècle.
Menant un combat similaire, le Pr Mohamed Chérif Ferjani (Université de Lyon II), dans son ouvrage Islamisme Laïcité et Droits de l’homme (L’Harmattan, 1992), réfute les conceptions d’un islam particulièrement antinomique avec la liberté, l’égalité et la laïcité et montre que les obstacles à l’adoption de ces principes dans les sociétés arabo-musulmanes sont de même nature que ceux qu’on rencontre dans d’autres aires culturelles.
Déjà, dans le domaine scolaire, certains États arabes essaient de réformer les manuels d’instruction religieuse qui sont en général très conventionnels et fermés au dialogue interreligieux ; ainsi le nouveau manuel tunisien de la classe de première (l’enseignement religieux est une matière d’examen dans tous les baccalauréats des pays arabes) souligne la nécessité d’institutions étatiques laïques pour un bon fonctionnement de la société arabe .Ce manuel indique aussi que l’homme naît libre et que la liberté inclut la liberté politique, la liberté de pensée, voire même la liberté religieuse .
Au Liban, on a été plus loin encore ; des diplômés libanais de l’Université libre de Bruxelles, connue pour sa défense de la laïcité ont créé « l’Association pour un Liban laïque » et ouvert à Beyrouth une « Maison laïque ». Différentes rencontres y sont organisées, activités culturelles et conférences tendent vers un but : promouvoir un État laïque alors que 18 communautés confessionnelles sont reconnues et représentées au Parlement par des députés appartenant obligatoirement à l’une de ces communautés ; le premier résultat obtenu a été la suppression de la mention obligatoire de l’appartenance religieuse sur les registres d’état-civil et les cartes d’identité .Un colloque belgo-libanais s’est déroulé en août dernier sur les thèmes l’Université libanaise entre pluralité et laïcité ou Le mouvement laïc au Liban ; la presse s’en est fait l’écho . Il est vrai qu’au Liban des élèves de toutes confessions fréquentent les lycées de la Mission Laïque Française de Beyrouth, de Tripoli ou de Nabatiyeh (en milieu chiite d’expatriés en Afrique de l’Ouest).
Les femmes commencent également à se mobiliser avec beaucoup de courage ; ainsi une psychiatre syrienne vivant aux États-unis, Wafaa Sultan s’était rendue célèbre dans une émission consacrée à la responsabilité de l’islam intégriste dans le choc des civilisations produite par la chaîne populaire du Qatar, Al Jezirah, le 21février 2006. Elle avait été confrontée à un ouléma égyptien qu’elle ne ménagea pas du tout en ces termes : « le choc mondial n’est pas un choc de civilisations ou de religions, c’est un choc entre une mentalité qui appartient aux temps médiévaux et une autre qui appartient au 21e siècle ; c’est un choc entre la liberté et l’oppression, entre la démocratie et la dictature, entre ceux qui traitent les femmes comme des bêtes et ceux qui les traitent comme des êtres humains ». Et elle répliquait à son adversaire qui l’avait traitée d’ « hérétique » : « Je ne suis pas une chrétienne, une musulmane ou une juive. Je suis un être humain laïc, je ne suis pas tenue de croire au surnaturel, mais je respecte le droit des autres à y croire » .Ce débat télévisé suivi par plus de dix millions de téléspectateurs dans le monde entier et repassé en boucle valut à Wafaa de recevoir des menaces de mort. Mais elle persista et elle a créé un mouvement d’opinion qui n’hésite plus à s’exprimer sur la place publique ; d’où la radicalisation d’émules d’Al Qaïda qui ne voient que dans le combat violent la possibilité de freiner l’évolution naturelle d’une société qui renouvelle ses valeurs et exige plus de libertés.
Le Grand Orient Arabe Œcuménique a su attirer vers lui ces intellectuels arabes et son site a vu son audience augmenter de façon significative depuis les révolutions arabes (180.000 visiteurs en 2 ans d’existence et le nombre de tunisiens, égyptiens, syriens, émiratis.. ne cesse d’augmenter (de 300 à 400 visiteurs par jour).
(1) www.grandorientarabe.org
• Site officiel de l’Obédience www.goao.org qui travaille au Rite Œcuménique. Ce nouveau rite imaginé par son Grand Maître Mondial Jean-Marc Aractingi se structure sur l’héritage des pères fondateurs, le Rite écossais ancien et accepté de 1804, et s’inspire de l’ancienne maçonnerie musulmane opérative ainsi que des branches initiatiques de l’islam (Soufis, Druzes et Ismaéliens). Il tisse de ce fait un lien fort entre l’Orient et l’Occident et vise à « re-lier » les trois mondes abrahamiques (Judéo-Chrétien et Musulman). Depuis sa création, en 2010, il serait déjà pratiqué par quelques loges en France, dont la loge « Khalil Gibran » à St Cloud, au Moyen-Orient, au Maghreb et en Afrique).
A lire de Jean-Marc Aractingi et G. Le Pape : Rituels et Catéchismes au Rite Œcuménique « Orient et Occident à la croisée des chemins maçonniques », Éditions l’Harmattan Paris, 2011
Source : Secrets initiatiques en Islam et rituels maçonniques, Jean-Marc Aractingi et Christian Lochon, Editions l’Harmattan Paris, 2008
mercredi 27 avril 2011
mardi 26 avril 2011
La franc-maçonnerie cherche-t-elle à détruire l’identité arabo-musulmane des Tunisiens?
Qui dit franc-maçonnerie dit globalisation… Est-il vrai que le gouvernement tunisien provisoire est infiltré de franc-maçons?- Nombreuses personnes dédient leurs profils et des groupes qu’elles créent sur la toile à la dénonciation de la franc-maçonnerie. Elles y parlent du temple de Soliman, de la franc-maçonnerie en Tunisie, du nouvel ordre mondial…
Beaucoup de personnes en Tunisie consacrent tant de temps et d’énergie à cette question ! En effet et au moment où l’on tente de reconstruire la Tunisie, nombreux sont ceux qui font de ces questions une priorité. Leur dogme ; protéger l’identité Arabo-musulmane. Or l’Islam est une religion et non pas une identité alors que le caractère arabe est un élément qui s’est ajouté à tant d’autres…
Néanmoins, une paranoïa gagne une grande partie de la population qui se mobilise alors, manifestant, critiquant, hurlant à tue tête, contre la franc-maçonnerie, la laïcité, le sionisme, tous entassés dans le même sac et tous, selon eux, menaçant la révolution tunisienne et son Islam. Et le lien entre satanisme et franc-maçonnerie est bien entendu, toujours évoqué.
On accuse des membres du gouvernement d’être des franc-maçons, et même ceux qui ne le sont pas, subissent des pressions « extérieures » de la part des fervents de cette doctrine « satanique et despote ». Sionistes, Mossad, chevaliers du temps tous… même, ont les yeux tournés vers la Tunisie et attendraient impatiemment de mettre la main « dessus », grâce à la franc-maçonnerie.
Ils décrivent alors une Tunisie sans religion et sans foi, tous les citoyens habillés du même style, obéissant au même ordre, et devenant « les esclaves » d’une grande puissance mondiale… Ils ne manquent pas d’imagination en ce qui concerne ce volet, par ailleurs.
Et la théorie de complot qui nourrit cette imagination, qui alimente cette peur, et qui paralyse par ailleurs toute confiance qui pourrait s’installer entre les dirigeants et les citoyens. On ignore d’où vient cela. Est-ce l’islamisme lequel essayant de s’enraciner en Tunisie, qui a jeté cette poudre aux yeux pour s’allier les citoyens défendant leur « religion menacée » ? Est-ce l’euphorie de Tunisiens qui viennent de découvrir leur citoyenneté et qui veulent la voir progresser indépendante de toute influence étrangère ? Nul ne connait l’origine de ce mal, mais l’on peut être certain, qu’entrer dans pareille paranoÎa, ne pourrait que diviser le peuple entre religieux et moins religieux et partisans d’une identité spécifique et pro-mondialisation, et ne pourra alors qu’entraver la progression vers une vraie démocratie. La Tunisie, sera la seule perdante de ce délire de paranoïa, puisque la « folie » entravera toute tentative de reconstruction… Mais qu’est-ce alors cette « franc-maçonnerie » qui fait tant peur au peuple ?
Franc-maçonnerie, satanisme et sionisme
A la base, la franc-maçonnerie a été créée par les maçons anglais ennoblissant leur métier, puisqu’il s’agissait d’un art, celui de construire. Les maîtres transmettaient leur savoir aux apprentis et que cela constituait un cercle de techniques et de savoir. Ensuite, la notion de la construction a été reprise dans un nouvel ordre, certes, mais on se concentrait plus sur les volets économiques plutôt que ceux religieux, et construisant ainsi un système politique solide et puissant, plus par l’essence d’édifice pragmatique que par des séances d’envoûtement, comme le croit l’imagination populaire.
Sans entrer dans les détails, il y a certes reprise de symbole, entre le satanisme et la franc-maçonnerie, comme l’œil qu’on retrouve sur le dollar et qui est aussi appelé « œil de diable ». Mais cette reprise est celle de la signification du symbole plutôt qu’une adaptation. Ainsi, l’œil de diable observe partout, l’œil de la franc-maçonnerie, ordre qui se veut universel, regarderait aussi partout.
On ne défendrait pas la franc-maçonnerie, mais la diaboliser serait aussi tomber dans l’excès. L’ordre incite ses membres à travailler pour le progrès de l’humanité. Après chaque être humain peut conserver ses spécificités. Plus au delà du musulman, du chrétien, du juif, de l’arabe, dunoir, ou de l’asiatique c’est l’Homme qui est au centre de l’intérêt. Chaque membre aura la latitude de décider sur quel plan et quels aspects sont les plus importants dans le processus du progrès.
Nombreux présidents ont par ailleurs appartenu à la franc-maçonnerie et nombreux y appartiennent aujourd’hui. Ils sont de religions différentes, ils ont des héritages socioculturels différents également, mais leurs objectifs économiques et politiques étant les mêmes, ils ont alors adhéré au mouvement, ou à l’ordre. Des écrivains, philosophes, ministres ont appartenu également à cet ordre. Notons par ailleurs que les pays les plus développés ont été dirigés par des Franc-maçons. La franc-maçonnerie fait peur de par sa puissance, la mondialisation et la globalisation effarouchent les gens qui craignent alors de perdre leurs spécificités, d’être « avalés » par cette société secrète qui fera disparaître leur identité. Le lien qui a toujours été évoqué entre satanisme et franc-maçonnerie. Et le lien, jamais vraiment prouvé, mais souvent évoqué, entre le sionisme et la franc-maçonnerie est également un élément stigmatisant le mouvement.
Mais s’il existe des francs-maçons qui sont sionistes et que par la puissance de l’argent, (puisqu’ils contrôleront l’économie et par la suprématie de la politique, puisqu’ils sont souvent au pouvoir), ils ont pu participer au renforcement de l’Etat d’Israël. Mais cela ne veut nullement dire que le sionisme est la source de la Franc-maçonnerie. Ainsi tous les Francs-maçons ne sont pas sionistes, ni le contraire par ailleurs. Le sionisme étant une idéologie qui, se basant sur la religion et la spiritualité, appelle au droit des juifs à avoir un Etat, notamment en Palestine. Qu’une idéologie ait aidé l’autre à se réaliser ne devrait pas stigmatiser la première, mais soulever sa puissance et son « savoir faire »… Et, finalement, le sioniste devient sectaire et rejette tout le reste.
Des Francs-maçons en Tunisie ?
Nul ne peut trancher s’il existe vraiment des Francs-maçons qui dirigent la Tunisie ou pas. Nul ne peut affirmer ou infirmer que des forces étrangères francs-maçonnes essayent d’influencer le cours des évènements en Tunisie, ni trancher quant à l’existence de la franc-maçonnerie en Tunisie et qu’elle nuirait vraiment à notre pays.
Seulement, si « menace existe », ce n’est nullement en sombrant dans la théorie du complot en mobilisant les gens et en les plongeant ainsi dans la paranoïa, que l’on « sauvera » la Tunisie. D’ailleurs, rien ne menace l’Islam, ni même la franc-maçonnerie. Inutile qu’on proclame sa défense en criant au complot. Si « menace existe », le seul moyen d’échapper au « complot » serait de se mettre au travail, de progresser, d’évoluer pour devenir un pays développé, c’est seulement cela, et rien d’autre que cela qui pourra faire de notre pays une nation moderne, souveraine et maîtresse de son destin. Il n’y a pas d’autre salut, même si cela pourrait prendre des décennies pour y arriver. Et alors la Tunisie, sera à l’abri « des convoitises étrangères » si jamais elles existent. En attendant, c’est aujourd’hui que nous devons y mettre les premières pierres, construire, au lieu de s’auto-détruire en s’entredéchirant dans des débats stériles.
source: Hajer AJROUDI (Le Temps, Tun 24/04/2011
www.grandorientarabe.org
Beaucoup de personnes en Tunisie consacrent tant de temps et d’énergie à cette question ! En effet et au moment où l’on tente de reconstruire la Tunisie, nombreux sont ceux qui font de ces questions une priorité. Leur dogme ; protéger l’identité Arabo-musulmane. Or l’Islam est une religion et non pas une identité alors que le caractère arabe est un élément qui s’est ajouté à tant d’autres…
Néanmoins, une paranoïa gagne une grande partie de la population qui se mobilise alors, manifestant, critiquant, hurlant à tue tête, contre la franc-maçonnerie, la laïcité, le sionisme, tous entassés dans le même sac et tous, selon eux, menaçant la révolution tunisienne et son Islam. Et le lien entre satanisme et franc-maçonnerie est bien entendu, toujours évoqué.
On accuse des membres du gouvernement d’être des franc-maçons, et même ceux qui ne le sont pas, subissent des pressions « extérieures » de la part des fervents de cette doctrine « satanique et despote ». Sionistes, Mossad, chevaliers du temps tous… même, ont les yeux tournés vers la Tunisie et attendraient impatiemment de mettre la main « dessus », grâce à la franc-maçonnerie.
Ils décrivent alors une Tunisie sans religion et sans foi, tous les citoyens habillés du même style, obéissant au même ordre, et devenant « les esclaves » d’une grande puissance mondiale… Ils ne manquent pas d’imagination en ce qui concerne ce volet, par ailleurs.
Et la théorie de complot qui nourrit cette imagination, qui alimente cette peur, et qui paralyse par ailleurs toute confiance qui pourrait s’installer entre les dirigeants et les citoyens. On ignore d’où vient cela. Est-ce l’islamisme lequel essayant de s’enraciner en Tunisie, qui a jeté cette poudre aux yeux pour s’allier les citoyens défendant leur « religion menacée » ? Est-ce l’euphorie de Tunisiens qui viennent de découvrir leur citoyenneté et qui veulent la voir progresser indépendante de toute influence étrangère ? Nul ne connait l’origine de ce mal, mais l’on peut être certain, qu’entrer dans pareille paranoÎa, ne pourrait que diviser le peuple entre religieux et moins religieux et partisans d’une identité spécifique et pro-mondialisation, et ne pourra alors qu’entraver la progression vers une vraie démocratie. La Tunisie, sera la seule perdante de ce délire de paranoïa, puisque la « folie » entravera toute tentative de reconstruction… Mais qu’est-ce alors cette « franc-maçonnerie » qui fait tant peur au peuple ?
Franc-maçonnerie, satanisme et sionisme
A la base, la franc-maçonnerie a été créée par les maçons anglais ennoblissant leur métier, puisqu’il s’agissait d’un art, celui de construire. Les maîtres transmettaient leur savoir aux apprentis et que cela constituait un cercle de techniques et de savoir. Ensuite, la notion de la construction a été reprise dans un nouvel ordre, certes, mais on se concentrait plus sur les volets économiques plutôt que ceux religieux, et construisant ainsi un système politique solide et puissant, plus par l’essence d’édifice pragmatique que par des séances d’envoûtement, comme le croit l’imagination populaire.
Sans entrer dans les détails, il y a certes reprise de symbole, entre le satanisme et la franc-maçonnerie, comme l’œil qu’on retrouve sur le dollar et qui est aussi appelé « œil de diable ». Mais cette reprise est celle de la signification du symbole plutôt qu’une adaptation. Ainsi, l’œil de diable observe partout, l’œil de la franc-maçonnerie, ordre qui se veut universel, regarderait aussi partout.
On ne défendrait pas la franc-maçonnerie, mais la diaboliser serait aussi tomber dans l’excès. L’ordre incite ses membres à travailler pour le progrès de l’humanité. Après chaque être humain peut conserver ses spécificités. Plus au delà du musulman, du chrétien, du juif, de l’arabe, dunoir, ou de l’asiatique c’est l’Homme qui est au centre de l’intérêt. Chaque membre aura la latitude de décider sur quel plan et quels aspects sont les plus importants dans le processus du progrès.
Nombreux présidents ont par ailleurs appartenu à la franc-maçonnerie et nombreux y appartiennent aujourd’hui. Ils sont de religions différentes, ils ont des héritages socioculturels différents également, mais leurs objectifs économiques et politiques étant les mêmes, ils ont alors adhéré au mouvement, ou à l’ordre. Des écrivains, philosophes, ministres ont appartenu également à cet ordre. Notons par ailleurs que les pays les plus développés ont été dirigés par des Franc-maçons. La franc-maçonnerie fait peur de par sa puissance, la mondialisation et la globalisation effarouchent les gens qui craignent alors de perdre leurs spécificités, d’être « avalés » par cette société secrète qui fera disparaître leur identité. Le lien qui a toujours été évoqué entre satanisme et franc-maçonnerie. Et le lien, jamais vraiment prouvé, mais souvent évoqué, entre le sionisme et la franc-maçonnerie est également un élément stigmatisant le mouvement.
Mais s’il existe des francs-maçons qui sont sionistes et que par la puissance de l’argent, (puisqu’ils contrôleront l’économie et par la suprématie de la politique, puisqu’ils sont souvent au pouvoir), ils ont pu participer au renforcement de l’Etat d’Israël. Mais cela ne veut nullement dire que le sionisme est la source de la Franc-maçonnerie. Ainsi tous les Francs-maçons ne sont pas sionistes, ni le contraire par ailleurs. Le sionisme étant une idéologie qui, se basant sur la religion et la spiritualité, appelle au droit des juifs à avoir un Etat, notamment en Palestine. Qu’une idéologie ait aidé l’autre à se réaliser ne devrait pas stigmatiser la première, mais soulever sa puissance et son « savoir faire »… Et, finalement, le sioniste devient sectaire et rejette tout le reste.
Des Francs-maçons en Tunisie ?
Nul ne peut trancher s’il existe vraiment des Francs-maçons qui dirigent la Tunisie ou pas. Nul ne peut affirmer ou infirmer que des forces étrangères francs-maçonnes essayent d’influencer le cours des évènements en Tunisie, ni trancher quant à l’existence de la franc-maçonnerie en Tunisie et qu’elle nuirait vraiment à notre pays.
Seulement, si « menace existe », ce n’est nullement en sombrant dans la théorie du complot en mobilisant les gens et en les plongeant ainsi dans la paranoïa, que l’on « sauvera » la Tunisie. D’ailleurs, rien ne menace l’Islam, ni même la franc-maçonnerie. Inutile qu’on proclame sa défense en criant au complot. Si « menace existe », le seul moyen d’échapper au « complot » serait de se mettre au travail, de progresser, d’évoluer pour devenir un pays développé, c’est seulement cela, et rien d’autre que cela qui pourra faire de notre pays une nation moderne, souveraine et maîtresse de son destin. Il n’y a pas d’autre salut, même si cela pourrait prendre des décennies pour y arriver. Et alors la Tunisie, sera à l’abri « des convoitises étrangères » si jamais elles existent. En attendant, c’est aujourd’hui que nous devons y mettre les premières pierres, construire, au lieu de s’auto-détruire en s’entredéchirant dans des débats stériles.
source: Hajer AJROUDI (Le Temps, Tun 24/04/2011
www.grandorientarabe.org
vendredi 25 mars 2011
Le Rite Œcuménique

Le Rite Œcuménique
Ce Rite plonge ses racines dans le Rite Écossais Ancien et Accepté (Reaa) et étend sa ramure vers les différentes voies initiatiques islamiques.
Comme toute voie initiatique, se caractérisant par la transmission d’un sens caché obtenu au cours de rituels vécus, le Reaa, apparu au XVIIIème siècle, voile par ses mythes ceux de la Torah et des Évangiles. Les voies initiatiques islamiques en font de même pour le Coran.
En effet, depuis Abra[h]am[1] jusqu’à Muhammad, toute Révélation, telle une vague qui flue puis reflue[2], apporte avec elle ce qui émane du Principe à destination de tous, et laisse en se retirant, l’écume destinée à certains d’entre eux. Ce double visage exo-ésotérique (ceux qui sont placés sous l’influence du Centre et ceux qui entrent dans des « voyages » vers lui) constitue l’unité de cette Révélation, paradigme de l’unité Principielle.
Chaque voie initiatique est complète et totale dans le sillage de la Révélation dans laquelle elle a pris racine. Néanmoins, la succession des Révélations issues du même Centre, reprenant, amplifiant, et transcendant l’univers commun des mythes et des symboles, a de tout temps posé plus de problèmes à ceux qui sont dans la forme extérieure (la religion en fait) qu’à ceux dont le cheminement vers le Centre éloigne petit à petit de l’apparence.
Le XIIème siècle, fut une des rares périodes d’harmonie des voies initiatiques issues de la Torah, des Évangiles, et du Coran. En effet, chacune d’elle, dans le respect de sa propre spécificité, se rapprochait l’une de l’autre, à chaque fois qu’elles se rapprochaient du Centre commun[3]. Pierre le Vénérable, abbé de Cluny dont le nom sera promis à un bel avenir, en tirera profit à Tolède pour enrichir le substrat chrétien, qui se cristallisera dans l’Ordre du Temple, première apparition initiatique organisée dans le monde catholique.
La destruction de l’Ordre du Temple marqua la fin de l’unité entre l’exotérisme et l’ésotérisme catholique, et laissa la place à un morcellement de cette voie en différents courants. Ces derniers, tous excommuniés par l’église, ne cessèrent, jusqu’à ce jour, de revendiquer la détention de la « régularité », au nom de laquelle ils continuent d’exclure, sans autre forme de procès, les autres.
Au XVIIIème siècle, autre période de fracture du monde occidental, apparurent, sans ordre apparent ni intention évidente, un certain nombre de degrés initiatiques qui furent intégrés, classés, et adaptés dans des systèmes maçonniques. L’un d’eux fut le Reaa, dont certains degrés sont les plus pratiqués dans le monde aujourd’hui.
Le Reaa propose une remontée du temps, des cathédrales gothiques à MelkiTsedeq[4], en passant par les ruines du Temple d’Hénoch, la Jérusalem des Temples, la Jérusalem céleste, le Tabernacle de Moïse, la Tour de Babel, etc. N’étant pas, comme la Qabale ou le Soufisme, un ordre initiatique adoubé à une Révélation, le Reaa propose une spirale de vagues fluantes et refluantes permettant une « réintégration » au Centre sans passer par l’exotérisme d’une religion. Il est, en ce sens, laïque, non pas dans le rejet des religions, mais dans une intégration, qui lui est propre, de leurs chemins initiatiques. Cela, bien entendu, n’empêche pas ses membres de pratiquer leur religion. Mais, ceux qui voudraient, en plus, suivre les voies initiatiques de leur religion (Qabale ou Soufisme) risquent de ne parvenir qu’à un état syncrétique.
La révélation Islamique apportée par Muhammad reprend et conclue l’ensemble des Révélations depuis MelkiTsedeq, en y intégrant le rôle messianique du Christ. Le Dieu de l’Islam se présente ainsi comme étant le Dieu de tous les Prophètes de la Torah et de celui du Christ. Il « réactualise » ainsi les Révélations passées tout en y mettant un terme. La pratique du Soufisme conduit ses membres vers le même Centre, dans l’intégration complète des deux aspects complémentaires de l’Islam.
L’affirmation de la fin des Révélations concerne au premier chef notre Ordre.
En effet, le Reaa propose un chemin spiralique, par vagues successives, des cathédrales gothiques à MelkiTsedeq. La fin du cycle des Révélations ne peut être que la fin d’un cyclique provoquant « un basculement des pôles[5] ». Ceci permet de refermer la chaîne restée ouverte à la Vierge noire, par l’ensemble des vagues mythiques spécifiques au Coran, en offrant un second chemin spiralique vers MelkiTsedeq passant par la Pierre noire (Kaaba).
Ces deux ailes des « karoubim», partant de la cathédrale gothique et remontant vers ce « vide[6] » que le Créateur a fait en son sein, permettent d’atteindre le début et la fin de l’être.
Le Rite Œcuménique se propose ainsi de « boucler la boucle » en quelque sorte.
Kaddour Belkhamsa ( 33° ), Grand Maître Mondial Adjoint du Grand Orient Arabe Œcuménique
[1] Raphaël Draï, Abraham ou la recréation du monde, Fayard (2007)
[2] Martin Lings, Qu’est-ce que le soufisme ? Seuil (1977)
[3] René Guénon, Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le Taoïsme, Gallimard (1973)
[4] Jean Tourniac, Melkitsedeq, Dervy (2002)
[5] René Guénon, Aperçus sur l’Initiation, Editions Traditionnelles (1986)
[6] Marc-Alain Ouaknin, Tsimtsoum, Albin Michel (1992)
vendredi 11 mars 2011
TUNISIE-LAÏCITE : LE DEBAT

1 ) Laïcité : Débat hypocrite et inutile
Par Assim
Chose qui interpelle ces derniers jours est la recrudescence des interrogations concernant la laïcité en Tunisie. Et dans la plupart des cas, je ne pus que lire des débats stéréotypés qui oscillent entre l’hypocrisie et la bêtise mal informée.
Mise au point.
Étant issu d’une formation scientifique, je ne porte pas à cœur la philosophie de l’arrogance qui s’entoure d’un halo mystérieux composé de citations en pagaille et de surenchère linguistique. Alors, je me limiterai au minimum utile dans la définition du terme et non du phénomène.
La laïcité est dans sa définition, l’opposé du clérical. Le clérical désigne la gouvernance par prétention divine et religieuse, la régence au nom du divin, mais il ne renvoi pas à la religion. La laïcité est donc une gouvernance dont la légitimité n’est pas divine. Il faut aussi souligner l’autre pan de laïcité, à savoir la liberté de croyance et des pratiques religieuses.
Voilà pour la stricte définition édulcorée.
Cette définition s’applique rarement, et si j’ai à citer un pays qui s’y conforme, ça serait la Suède où on peut trouver des piscines possédant des horaires spéciaux où les musulmanes peuvent nager en tranquillité.
Et si elle ne s’applique que peu, c’est parce que le phénomène prend le dessus. Le phénomène est la laïcité à la française, la laïcité des hypocrites. C’est cette laïcité qui entend défendre les valeurs de la définition en menant la chasse aux religions, et plus précisément la guerre ouverte à l’Islam. Ma note s’adressant aux Tunisiens et non aux Français anesthésiés par des médias de propagande biaisée, je ne vais pas décrire cette guerre. Cela serait une perte de temps, vu que vous en connaissez déjà les rouages. Je vais toutefois évoquer deux points.
Premièrement, le terme hypocrite d’Islamiste qui compte ET les terroristes ET les mouvances ultra modérées. A ce titre, je me demande bien pourquoi mes compatriotes ont oublié les termes musulmans et musulmanes. Assez de faire le jeu d’autrui, on dit مسلم et non إسلامي . Deuxièmement, j’aimerai dire que ces politiques français qui mènent la guerre au Niquab sont aussi hypocrites et vils que les Talibans qui l’ont forcé.
Revenons au cas Tunisien. J’aimerai m’adresser à deux types de discours. Celui de ceux qui défendent la laïcité en sa définition et en ses valeurs et celui des opportunistes, pâle copie de leur homologue français mais tout aussi hypocrite.
A ses derniers, je dirais que la Tunisie est arabe et que la Tunisie est musulmane dans sa société, que vous le veuillez ou non. Je ne sais si vos attaques sont basées sur un amour aveugle de l’occident ou sujette à des agendas douteux dont l’adjectif RCDiste n’est pas loin, mais je suis convaincu que vous n’irez pas loin. Vos attaques sont vaines et porter à sourire tellement c’est ridicule (cf la comédie de la gifle à l’aéroport). Vous essayez de vous attaquer à une identité, à ce quoi entre dans les composants de l’esprit tunisien. Cet esprit qui s’est finalement libéré, ne se laissera pas voler son identité.
Et vous êtes l’aspect hypocrite du débat.
Quant aux premiers, qui se posent en défenseur de valeur justes, je vous dirais que c’est tout à votre honneur. Si par conviction, vous défendez ce qui vous semble juste, alors on se doit de vous respecter.
Ceci dit vous êtes l’aspect inutile.
Je me permets de vous qualifier ainsi, car l’essence même de l’islam, les valeurs musulmanes qu’on nous a appris dans nos familles ou à l’école et ce malgré Ben Ali ou Bourguiba, sont ces mêmes valeurs que vous défendez, à savoir le respect des autres et l’égalité. Et si le Quran inculpe au croyant d’inciter autrui à l’Islam, il leur défend strictement de l’imposer. Plus frappant, il oblige le croyant à défendre autrui si sa liberté (de juif, de chrétien, etc) est menacée. Les hypocrites détournent toujours cette incitation et font l’impossible pour cacher la défense de l’imposition. Ne tombez pas dans un piège si grotesque.
En bref, la véritable société musulmane est garante de libertés et de diversités. C’est cette société qu’on a connue durant des siècles et où on a coexisté harmonieusement. Alors pourquoi l’attaquer ? C’est inutile.
Reste la question de la dissociation des organismes de l’état de la religion. Personnellement, j’aime dire que l’état reflète sa société. Si elle est caractérisée par une certaine mouvance, cette dernière se retrouvera immanquablement dans l’état. Mais si toutefois, on aimerait imposer un telle restriction pour la forme, et bien, c’est chose faite en Tunisie. Le code électoral interdit les références à la religion dans les partis politiques.
En outre, j’aimerai poser une nouvelle manière de visionner les choses. Je me demande pourquoi certains, en pensant à l’Islam, font immédiatement l’amalgame à l’extrême. Pourquoi ne peuvent-ils concevoir autre chose que l’application stricte de la Charia ? L’islamophobie initiée et entretenue par l’occident, sans doute, constituerai la bonne réponse. Alors un mot, cessez de remâcher ces clichés qui ne tiennent pas debout. Ne pouvez vous pas voir cette mouvance comme une simple inspiration ?
Tout parti s’inspire d’une certaine idéologie. Pour certains, c’est le marxisme, pour d’autre c’est le libéralisme et le FMI, et il y a ceux qui trouvent dans les textes sacrés solutions et concepts. Pourquoi devoir exclure aveuglement ces derniers sans même daigner les écouter ? Une diversité offrant une large gamme de choix, n’est ce là pas la meilleure solution pour éviter toute dérive ?
Pour finir, je ne sais que trop bien que l’harmonie parfaite ne soit qu’utopie. Il y aura toujours des extrémistes et des actes peu glorieux. Ceci dit, pour y remédier, ça ne sera pas avec une guerre hypocrite ni avec de la diffamation et encore moins via des accusations aveugles qui exclus toute investigation. Si c’est un devoir de citoyen et de patriote de s’opposer à de tels actes, je rappelle que c’est aussi un devoir de croyant.
2 ) Tunisie – Laïcité: Débat sensible et utile Réponse à l’article «Laïcité : Débat hypocrite et inutile»
Par Corsan75
Il est utile et sain de s’interroger sur la Laïcité en Tunisie. Et il n’est pas simplement nécessaire de le faire d’un point de vue religieux. Cette question concerne la Tunisie et les Tunisiens dans leur ensemble.
Une révolution implique l’explosion de tout le système qui exploitait auparavant un état et ses citoyens. L’exemple de la Tunisie de Ben Ali était dictatorial, répressive. La répression touchait bon nombre d’aspect de la société: vie sociale, vie économique et vie religieuse. La liberté et l’égalité étaient de façade et ne concernaient qu’une frange minime de la population.
En tant que Femme, Tunisienne, musulmane croyante, j’ai une vision de la société et je sais, cependant, que cet idéal est un voeu pieux. Je conçois, par dessus tout, que je n’ai pas à imposer mes choix de vie. J’ai conscience que l’intérêt général doit primer.
Nawaat, le blog collaboratif, a mis en ligne un article signé par Assim («Laïcité : Débat hypocrite et inutile»,) qui en quelques lignes, à peine, à bâillonné la démocratie. J’ai trouvé l’article partisan mais pas inutile contrairement à son auteur qui considère la question de la Laïcité comme nulle et non avenue.
L’auteur de l’article part du postulat que la Tunisie est arabe et musulmane et que le pays doit préserver cette identité afin de ne pas subir le diktat de l’Occident.
Plus grave encore, l’Islam doit prendre pleinement sa place dans la société tunisienne, car selon Assim, elle est majoritaire et se reflétera forcement dans la politique. Le pouvoir de Ben Ali était-il majoritaire dans la société avant sa chute? Les représentants politiques, majoritairement des hommes d’un âge certain sont-ils représentatif aujourd’hui de la Tunisie qui se profile?
La projection de la société tunisienne en «société musulmane» est réductrice, fausse et dangereuse. Tout le monde en convient la Tunisie est en majorité Arabe et musulmane. Personne ne peut remettre cela en cause.
Assim s’est égaré à mi-chemin, pris dans une réflexion qui ne dépasse pas les débats poussifs et discriminants auxquels on assiste en ce moment même en Europe (et en France en particulier).
Non, Assim nous n’avons pas, uniquement, le choix entre la laïcité à l’occidentale et l’islamisme des talibans. Ce n’est pas à une religion de placer les principes d’égalité dans une société. Nous devons faire de l’éthique et non de la morale car d’expérience tout ce qui est morale finit toujours mal.
La constitution tunisienne, par ses art. 38 et 40, est discriminante : c’est un fait. S’il y a une hypocrisie dans ce débat c’est d’inclure une référence à la religion dans la constitution et l’interdire aux partis politiques. N’exclut-elle pas de fait une partie de la population?
Le débat sur la Laïcité amènerait un début de questionnement sur le cadre politique et légal à créer en Tunisie. Il permettrait la représentativité de toutes les formations politiques. Il est vital de voir se construire en Tunisie un véritable paysage politique. Je crois les Tunisiens suffisamment sereins et intelligents pour appréhender ces questions.
La Tunisie est multiple. Elle est faite d’hommes, de femmes, de musulmans, de juifs, de chrétiens, d’athées, d’agnostiques. Le seul moyen de vivre en paix et dans une relative harmonie n’est pas de se baser sur la religion mais sur la citoyenneté.
La discrimination doit cesser, le pays se relèvera quand une communauté entière et indivisible de citoyens verra le jour.
source: Rue, Mars 2011
www.grandorientarabe.org
jeudi 10 mars 2011
LIBAN : Hariri veut un État de libertés et laïc

Hariri veut un État de libertés et laïc
« Le Liban que nous souhaitons est celui qui n'établit pas de distinction entre un individu et un autre, un État libre et civil anticonfessionnel et antisectaire au sein duquel chaque Libanais se soumet aux lois ».
source: http://www.diplogeostrategies.blogspot.com
dimanche 6 mars 2011
L'Institut du Soufisme de France présente le livre sur le Rite œcuménique,imaginé par Jean-Marc Aractingi, Grand Maître du GOAO

Tapez sur l'image pour l'aggrandirمعهد الصوفية في فرنسا
Bâtisseur : Rituels et catéchismes au rite œcuménique qui vise à "re-lier" les trois mondes abrahamiques (chrétien, judaïque et musulman).
Orient et Occident, à la croisée des chemins maçonniques
Du premier au quatrième degré
Jean-Marc Aractingi, Gilles Le Pape
ANTHROPOLOGIE, ETHNOLOGIE, CIVILISATION RELIGION
Les rappels à la symbolique chrétienne ou judaïque dans les rituels maçonniques occidentaux sont omniprésents, et très explicites. Ceci explique que les maçons arabes, et particulièrement ceux de confession musulmane, y soient en perte totale de repères culturels et sociaux. Le Rite Œcuménique vise à "re-lier" les trois mondes abrahamiques (chrétien, judaïque et musulman). Ce rite s'inspire de l'ancienne maçonnerie musulmane opérative et des branches initiatiques de l'islam (soufis, druzes et ismaéliens). Ces rituels sont ici dévoilés.
Editions l'Harmattan Paris,2011, mars 2011 , 190 pages
Prix: 18 euros
ISBN : 9782296544451
du même auteur
Jean-Marc Aractingi
SECRETS INITIATIQUES EN ISLAM ET RITUELS MAÇONNIQUES
Druzes, Ismaéliens, Alaouites, confréries soufies
Jean-Marc Aractingi, Christian Lochon
http://www.institut-du-soufisme-de-france.fr
http://www.grandorientarabe.org
vendredi 4 mars 2011
Le GOAO accompagne le " Printemps Arabe "
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