Une autre conception de la Franc-Maçonnerie Universelle
LE GRAND ORIENT ARABE ŒCUMENIQUE
C’EST PLUS QU’UNE NOUVELLE OBEDIENCE
Par le Grand Maître National du GOAO
Grande Maîtrise de France
Abraham MOUNZER
Sous l’impulsion récente, et presque Illuminatrice, modestie toute gardée, du Grand Maître du Grand Orient Arabe, le Très Illustre Frère Jean-Marc Aractingi, une autre conception de la Franc-maçonnerie Universelle, commence à prendre corps.
Par fidélité aux Origines lointaines et reculées dans l’Histoire de la Franc-maçonnerie, et aux dimensions œcuméniques des Trois Religions Monothéistes Abrahamiques ; Par honnêteté Intellectuelle vis-à-vis de l’Histoire et des Fondements même des Droits de l’Homme ; Par ouverture sincère et objective aux courants Ésotériques de la Connaissance aussi bien en Orient qu’en Occident ; Par retour aux sources même de l’Esprit (des Confrèreries) de la Fraternité, longtemps oubliées, négligées, sous estimées volontairement ou involontairement ; Pour toutes ces raisons et bien d’autres, un TOURNANT, à la fois sur le plan intellectuel, philosophique, socioculturel, et civilisationel, s’est dessiné pour Ré-Orient-er les évolutions et déviations sectaires et politico-mercantiles, spiritualistes mais non Spirituelles, de certaines formes de Franc-maçonnerie.
A contrario, d’autres se sont forgés par intérêts « Territorialistes » Nationaux ou Transnationaux, des Frontières imperméables aux évolutions du Monde, aux Idées, aux Religions, aux courants Culturels, aux exégèses des Ésotérismes, aux Philosophies ; mais toujours avec les mêmes ambitions contradictoires de, soit disant, « améliorer l’Humanité ».
Cela rappelle les malheureux moments des dérives de l’Idéologie Dominante.
Avec beaucoup d’Humilité et de moyens modestes, mais avec une volonté ferme et infaillible d’un Groupe de Frères, Hauts Dignitaires de différentes Obédiences Françaises et Étrangères, nous avons perçu et compris cette problématique, et réagi afin de rendre à l’Histoire ce qui lui appartient ; Histoire tout court mais aussi Histoire de la Franc-maçonnerie, des rapports entre l’Orient et l’Occident ( dans ses deux formes positives et négatives), pour être en parfaite harmonie avec notre Conscience, notre Expérience, notre parcours vécu en tant que Franc-maçon. Il ne s’agit pas de Ré-écrire une Histoire différente de la franc-maçonnerie, mais de compléter ce qui a été fait, de corriger certains excès, de combler les lacunes liées à l’Histoire même de ces rapports Orient-Occident pour les améliorer, et participer aux dialogues des Cultures, des Religions et des Civilisations.
Certaines Obédiences se sont investies dans le « Sociétal », d’autres dans une pseudo-spiritualité approximative et synthétique, d’autres encore victimes de leur succès (loi de l’offre et de la demande) ont subi une aliénation intrinsèque implosive, défigurant l’Esprit même de la Franc-maçonnerie, en laissant au bord de la route des Frères sincères dans leur quête spirituelle.
Le Grand Orient Arabe Œcuménique n’est pas venu combler le vide lié aux mécanismes défaillants des autres Obédiences, mais répond à une NECESSITE HISTORIQUE, à un tournant important dans l’Histoire de la Franc-maçonnerie et des bouleversements dans le Monde à tous les plans.
L’Objectif n’est pas de remplacer, mais d’ouvrir les yeux des Frères et des Dignitaires toutes Obédiences confondues,, mais surtout les Profanes, sur l’Évolution même des Sociétés, au sens sociologique du terme, et par conséquent aux retombés spirituelles, négatives ou positives, afin de prendre conscience des changements pour que notre discours soit en parfaite Harmonie avec la Réalité des choses notamment sur le plan spirituel.
On s’est également aperçu, avec regret et désolément, que bien de « Groupes » de citoyens sont plus ou moins exclus de cet effet de rendre la Lumière répandue dans leurs esprits, alors qu’il y a une attente, historiquement et légitimement perceptible et justifiée, non seulement sur le plan de la Franc-maçonnerie, mais aussi dans le Monde Arabe et Non Arabe, de reconnaitre « nos Semblables » comme aptes et capables d’être des Frères, aussi sincères et respectables que les autres.
Nous avons aussi l’obligation Éthique et Morale, d’être attentifs aux prétendants et leurs méta-visions des problématiques aussi bien individuelles que sociétales ou culturelles.
Il est de la plus haute importance d’ouvrir les Portes, dans le sens réel, figuré et herméneutique du terme, aux questionnements qui tourmentent une bonne partie de ces peuples non privilégiés par « la Convenance Mondaine » et matérialistes des choses, d’avoir accès au savoir en tant que citoyen, ce qui est évident, élémentaire et basique pour toute Construction de Soi-même, mais aussi à la Connaissance Initiatique. De passer de l’Individualisation à l’Individuation (C.G JUNG)
Les peuples qui se réveillent, après avoir « expérimenté » presque tous les types de Système socio-politico-économiques avec amertume et déception, rêvent à un RE-ENCHANTEMENT
D’un Monde plus Fraternel, moins matérialiste et plus solidaire.
Mais si la Graine doit mourir pour renaître, si l’Aigle se réveille d’entre les Cendres, et si le Printemps revient resplendissant après la Mort d’Adonis, c’est parce que les Cycles qui président à cette Re-Naissance et à cette Métamorphose, sont régis par une Harmonie de la Construction. Car comment, par exemple, éviter le Chaos, porteur d’extrémisme et d’intolérance ? Comment faire sa « Révolution » intérieurement et extérieurement sans exclure l’Autre ? Comment faire « Son Printemps Adonisien » sans tomber dans le piège du Monstre qui nous guète ?
Voilà des questions, aux quelles nul ne peut prétendre donner des réponses toutes faites prématurément, ou fournir des postulats basés sur des analyses métamorphosées et habillées en bon Gentleman, alors que c’est quelques fois le déguisement du Diable (Shakespeare).
Je suis particulièrement attaché à une Éthique Individuelle d’abord, et par conséquent Sociétale. Cette Éthique nous impose une Responsabilité de l’Action, dans le Passé, le Présent et le Futur.
Chaque décision prise, elle doit l’être en fonction d’une Analyse la plus objective possible, non excluante, non partisane, non sectaire, avec toute l’anticipation presque visionnaire, des évolutions spécifiques de la Nature Humaine (et ses aléas) et des Sociétés.
Rien n’est figé dans ce Monde qui bouge d’une manière non déterministe, qui se modifie d’une façon perpétuelle et imprévisible. Si les Idées gouvernent le Monde, faut-il qu’elles soient Bonnes dans le sens que Paul RICOEUR lui donne.
On ne peut pas prétendre défendre la Fraternité, alors qu’on continue à accepter tant d’injustices, motivées, justifiées, argumentées, référenciées, tolérées, ou tout simplement volontairement oubliées ; Car, comme disait Talleyrand : « Ce qui est plus horrible que le mensonge, c’est la Vérité ».
D’où notre Obédience EST et sera le CREUSET de la Rencontre entre Orient et Occident, la Parcelle de Lumière attendue, le Chaînon Manquant en tant que catalyseur de l’Alchimie des Idées et des Pensées.
Ces propositions, et ce discours seront pertinents, dans le sens qu’ils essaient de s’éloigner du Formalisme Sclérosant, d’éviter de « ruminer » des assemblages de pseudo-spiritualités à effet anesthésiant, de sortir des analyses toute faites « Scolastiques » modernes, de favoriser les réflexions de l’Interdisciplinarité Positive non envahissante, de laisser la place à tout un chacun pour développer ses idées et sa spiritualité dans le RESPECT de l’Autre.
Si l’Orient est Terre de Lumière, de paradoxes, de convoitises, de malentendus, de fausses interprétations occidentales ; Il est aussi Terre de PAIX, de Religiosité, et de Messianismes.
Rien n’est plus dangereux que l’interprétation simpliste et réductrice de l’Histoire et des Civilisations. Raison pour la quelle notre démarche, sans nier nos propres défaillances, sera constructive dans le sens de Re-Visiter l’Histoire de cet Orient, avec l’œil de l’Historien, du Religieux, du Mythologue, du Mystique, etc...
Re-Visiter, pour mettre en relief les aspects et les facettes HUMANISTES, et Fraternels de ces Civilisations, AVANT et APRES l’Avènement des Religions Monothéistes. Revoir un Orient, en communion spirituelle avec l’Occident et le reste du Monde. Sonder le Christianisme Oriental si riche en Symboles, aller à la rencontre de l’Islam tolérant et pacifique dans son Essence. Approcher le Judaïsme Messianique imprégné d’Esprit Essénien de Paix et de Justice. Abolir les Préjugés à l’égard des Messages de l’Ère Pré-Monothéiste, et qui ont préparé le Terrain pour ces derniers (Mani, Mazda, Plotin, Hermès, etc..).Explorer tout apport de portée humaniste tout au long de l’Histoire de cet Orient et dans le Monde, et l’inscrire dans le patrimoine Spirituel
Notre Obédience ne s’est pas faite pour « recruter », mais pour « recevoir » toutes les bonnes volontés de Frères ou de profanes potentiellement Initiables, afin de construire un Édifice digne de nom, où la Fraternité n’est pas tributaire des Origines (affichées ou non), mais d’un véritable dessein d’une authentique Spiritualité Chevaleresque.
Source : www.goao.org
lundi 9 janvier 2012
samedi 7 janvier 2012
Le Sacré en Franc-Maçonnerie
LE SACRE EN FRANC-MACONNERIE :
INTRODUCTION
Le caractère fondamental du Sacré est son aspect extraordinaire, surnaturel, supra-humain, presque inaccessible et difficilement connaissable.
Mais, malgré toutes les facettes mystérieuses du Sacré, il peut être perçu et vécu, grâce à une approche, non pas méthodologique et scientifique unidimensionnelle, puisque celle-ci s’occupe de notre immanence de notre Être sur Terre ; mais plutôt de Transition, exigeant une préparation mentale spécifique, où l’Initiation prend toute son importance.
Le Sacré est composé d’un Corpus, qui est un ensemble de choses, de croyances et de Rites.
Ainsi le monde est séparé en Phénomènes Sacrés et Profanes. Dans l’Histoire de l’Humanité, l’Essence de la Religion qu’elle soit Révélée ou Païenne, est le sacré. De ce fait, il existe beaucoup de confusion entre le Sacré et le religieux, bien qu’ils soient intimement liés.
L’Homme de Tradition s’inscrit dans cette Pensée comportementale générale, et s’intéresse à cet état d’être pendant la Cérémonie de transition entre le Profane et le Sacré, grâce à un ensemble de dispositifs ou de supports permettant la Manifestation du Sacré. Raison pour la quelle tous les Symboles (et objets), prennent leurs véritables dimensions dans ce phénomène répétitif. L’objet Symbolique devient chargé de sens, d’Affect, et de Finalité.
La Causalité de la Manifestation Sacrée est obligatoirement conditionnée par ces Symboles. En manifestant le Sacré, un objet quelconque devient autre chose, sans cesser d’être lui-même. Cette Manifestation qu’on appelle Hiérophanie, se montre ainsi à nous.
A travers l’objet, on approche le Divin
Cette Incarnation, cette Hiérophanie, ne peut se réaliser sans support, ou une Voie. C’est la condition sine qua non, pour atteindre le Sacré (le Ganz Anderé).
Rôle du Rituel dans la perception du Sacré lors d’une Tenue au 1er degré :
Dans l’opération cérémoniale rituelle, il ne suffit pas d’exécuter des gestes automatiquement conditionnés par la répétition robotisée.
1-La Cérémonie Rituelle est un acte hautement HUMANISANT, car elle fait le lien entre le symbole et le Symbolisé, entre le Signifiant et le Signifié. Elle est également chargée de Sens, de finalité non instinctive et d’objectifs indéterminés préalablement. Ce dernier caractère laisse la place à l’Evocation et au ressentiment du sacré dans sa complétude et sa béatitude. Elle permet l’éloignement du strictement humain de l’Existant, et ouvre la Voie vers l’Existence Principielle.
2- le Rituel est une attitude STRUCTURANTE non seulement dans le temps et l’espace (sacrés), mais aussi dans la méta-vision gestuelle conductrice de la transmutation. Avec nos gestes répétitifs, nous nous élevons et nous découvrons un autre état d’être, qui permet le passage au sacré.
3- Notre mental n’est pas conditionné, mais CONDITIONNEL, arrivés à l’apogée de notre pouvoir de transcendance (quoique limité), nous saisissons pleinement le Sacré par l’accompagnement gestuel prédictif ? Nous anticipons l’acte rituel, son déroulement, son exécution, et sa parfaite maîtrise.
4-Le sentiment d’être un réalisateur, un TRANSMETTEUR, et un accompagnateur dans la cérémonie rituelle, va entraîner une sensation de voyage initiatique graduel. Nous passons d’une phase à l’autre par notre aptitude à culminer dans la sacralité.
A travers le perceptible (le rituel), nous percevons l’Invisible. Le Symbole se transforme d’objet visible en présence virtuelle. Et le symbolisé invisible, par la révérence de la Cérémonie, devient Immanent.
Le Sacré se présente à nous et nous élève vers Lui. « Elevons nos cœurs en fraternité », dit le VM ; d’où la Transcendance spirituelles s’accompagne non seulement de la soustraction au monde profane et de l’abstraction psycho-intellectuelle, mais surtout par le sentiment qu’on est vraiment dans un processus collectif de séparation momentanée avec le profane.
5- Le Sacré est HUMAIN, et l’humain est sacré. Les deux concepts sont liés non seulement sur le plan existentiel, philanthropique ou social, mais aussi par la démarche cérémoniale. L’un va prendre corps dans l’autre, se précise et se cristallise dans l’exactitude des gestes rituels.
L’Acte Rituel devient simulacre de Création Divine Sacrée quant à la progression de la lumière dans le lieu Sacré (le Temple).cette diffusion s’imprègne du sacré, puisqu’elle reproduit à chaque ouverture des Travaux, l’Acte de Création.
6- Le Sacré ne peut être CONSTRUIT et atteint sans ses éléments constitutifs originels ; une Loge Juste et Parfaite, mais aussi l’exécution du Rituel d’une manière intimement et individuellement imprégnante.
Le vécu du Sacré devient réalité par cette adhésion et cette fusion avec la cérémonie rituelle. Si tous les regards des Frères se trouvent tournés vers le Centre de la Loge (Axis Mondi), c’est parce qu’il y a un acte d’accession au Sacré par le processus créatif.
Les conditions de l’acte de la reproduction de la Création Sacrée sont, il est vrai, souvent collectives dans une cérémonie, mais les conditions individuelles sont aussi importantes pour que la répétition devienne innovante, et que la perception et le vécu individuels du sacré, puissent rejoindre, malgré leurs différences, l’Essentiel.
7-L’Acte Rituel n’est pas modifié, mais MODIFIANT, par sa répétition indéfini, il éprouve le besoin d’Imagination Mythique Créatrice ; on ne s’arrête plus sur les automatismes, mais on active notre besoin de connaissance.
Toute notre « aventure » maçonnique est une préparation à ce que est le plus élevé et le plus sacré. L’accession pulsatile s’accélère au fil du temps, et l’approche du Sacré devient plus prépondérante. Elle nous mène vers la Première Source. A chaque décélération, on revient vers le Profane, mais l’attraction qui atomise tous nos sens et notre psychisme, sonne l’appel au plus profond de notre Ame vers le sacré.
Le Sacré devient sacralisé par les « Dogmes » et les gestes, et les dépasse pour que son vécu soit ressenti comme tel. La représentation du Sacré in situ apparait dans le schéma Cosmologique de Création, et à partir du Créé, on atteint l’Incréé.
Le phénomène inverse pourrait se concrétiser par l’Anthropo-cosmomorphie, où la théophanie « se révèle et s’auto-révèle » , sans altérer la nature Apophatique Divine ; mais pour que les dimensions multiples de la Divinité Sacrée puissent être intégrées dans notre conscience d’Hommes.
Si le Créateur n’est pas contraint de manifester sa raison d’Etre, ni son Existence, néanmoins la résultante de la Cause Première, dans cette situation, n’intellige pas la conscience de causalité. D’où l’absence d’Absurdité de la démarche du Sacré dans la Révélation.
Contrairement au Nihilisme, le Mystère engendre cette portée da la Signification Symbolique de toute Création, et lui donne ce caractère obligatoirement Sacré, par la Transcendance de l’Humain.
Le Praxis Rituel a donc une fonction de coordination entre la Pensée, sa Signification, sa portée et son interprétation contextuelle. Le degré de Transcendance est d’autant plus sacralisé, que la pratique gestuelle est loin de l’automatisme répétitif inconscient, et que le vécu intérieur (et extérieur) l’emporte sur le maniérisme « obsessionnel ».
La Tradition Sacrée ne sera pas transmise par une parade de gestes, mais par la manière dont elle est exécutée. La Forme ne doit pas oublier le Fond, et le Signifiant ne fait pas éloigner le Signifié., qui doit être présent, car c’est sa Finalité.
La combinaison du contenu et du contenant, d’une façon exécutoire, permet de préparer la matrice de la Transcendance, et d’y pénétrer avec conviction et détermination, parce que toutes ces procédures préparatoires ne peuvent s’annuler que par le vécu négatif, et l’absence de vision tendue vers le Sacré.
La conscience du sacré, dans le cadre d’une perception positive, devient alors impérieuse. D’où la différence avec ritualisme Non Initiatique, dénué de démarche de recherche de Connaissance.
L’Initié, en s’expriment par le Rituel, se regarde, et se tourne vers Lui-même et son Intérieur. En se découvrant soi-même, il ouvre la Voie à la Connaissance sacrée
La Perception solennelle du Sacré lors d’une Tenue au 1erdegré :
Il ne s’agit pas de phénomène de magie gestuelle, de rhétorique balsamique ; ce n’est pas non plus une action d’entrainement et de transposition collective d’un état mental à un autre état mental d’enchantement ordinairement et naturellement atteint.
L’aspect solennel de l’état psychique(Egrégore), est une des conditions nécessaires pour accéder à la généralisation du sentiment d’être transmuté du profane vers le sacré.
Tous les éléments, que compose le temple, contribuent à cette opération. Il s’agit de phénomène conscient, volontaire et revendicatif (spéculatif en somme).
Le but atteint est préétabli, conçu, et progressivement maitrisé dans l’espace et dans le temps.
Il ne s’agit donc pas d’être emporté, mais de produire à chaque instant une énergie psychique et mentale vigilante, consciente et contrôlée, pour atteindre la porte du Sacré.
D’où la composition d’une Loge, de part ses membres : VM, 1° et 2° Surveillants et les autres Officiers, mais aussi tous les autres Frères, qui est une des conditions indispensables pour que circule cette approche du sacré et du Divin.
La Communication, par gestes paroles et Attouchements, devient ainsi révérante et majestueuse, donnant une forte possibilité d’Elévation et de sur-dépassement ; le Moi laisse la place à l’Ensemble, et la Multiplicité tend vers l’Unité ; « Nous ne sommes plus dans le Monde Profane », comme le dit le Rituel, à l’Invocation du VM.
A chaque ouverture des Travaux, nous assistons à une régénération, à une aspiration attendue, à l’éveil du Sacré laissé pour un moment( à la fermeture des Travaux), somnoler dans notre intérieur, et qu’on réveille à chaque Cérémonie.
Loin d’être un phénomène exclusivement subjectif, la Communion dans le Sacré lors d’une Cérémonie, enveloppe l’Ensemble (des Frères) pour la Transmutation mentale et psychique. Ainsi l’objectivité de la procédure lui donne les couleurs de l’Altérité. Le Lieu et l’Espace deviennent Sacrés, mais aussi les Symboles et surtout la Sanctification de l’Autre considéré comme Sacré.
Car pour approcher le Sacré, il faut être soi-même Sacré comme valeur Humaine. D’où la nécessité du dispositif (Temple, Rituel). La main gantée porte l’espoir de la purification pour accéder à toute activité Gestuelle dans le Temple.
Donc on n’improvise pas, la progression est très consciemment menée, les deux Surveillants préviennent chacun sur sa colonne, de l’Ouverture des Travaux ; cette répétition, à première vue, peut sembler banale, voire ennuyeuse ; mais pour comprendre le Sens et la finitude de cette progression, il va falloir adhérer à la succession des événements qui vont nous aider à s’installer dans le temps et l’espace sacrés. Comme disait Platon : la répétition est l’Idéal de l’Idée.
Il n’y a pas de gratuité ou de spontanéité irréfléchie, comme on entre dans un lieu ordinaire ; cette préparation est aussi importante que ce qui suit ; car pour se laisser pénétrer par le sentiment d’être « dedans », dans un endroit hors du commun, il est indispensable qu’on soit « captif » et captivé par l’enchaînement qui se succèdent.
C’est une opération objectivo-subjective, qui demande donc, que chaque Membre de la Loge (lors d’une Tenue), soit lui-même le centre de cette démarche et qu’il procède intérieurement par un mécanisme dynamique (et non pas un simple spectateur), à la Transformation dans un environnement propice au passage vers ce Monde Imaginal (cher à Henry CORBIN)
C’est un à priori antérieurement prédisposé, Hic et Nunc, et c’est à travers la Cérémonie qu’on progresse dans la Contemplation du Sacré.
Le caractère solennel de la Cérémonie Sacrée, est constitué par l’engagement individuel et subjectif dans la Voie. Ce n’est plus l’Acte Rituel en soi qui signe l’aspect de Révérence seulement, mais aussi la place de la personne en tant qu’Être métaphorique. L’Initié devient partie intégrante de la Cérémonie, et sa Présence Immanente donne une sorte de fusion complète et subtile, et aboutit à la réalisation de l’Acte Rituel, devenu sacré.
Un geste cérémonial approprié dans un contexte approprié, c’est à où réside la profondeur et le pouvoir de la communication gestuelle du rituel lors d’une Cérémonie. C’est un vécu à chaque instant, une adhésion avec les Cinq Sens une Elévation vers l’Esprit, une incroyable et grandiose sensation d’être sortie du Monde Profane et d’être authentiquement dans le Monde Sacré., avec tout ce qui en découle comme apport Symbolique très fort.
L’Hiérophanie peut être alors approchée, et la préparation intérieure qui permettrait un franchissement de cet état hypostatique, et une inversion de la Chute Adamique pseudo-paradisiaque et Edénique.
La Présence ainsi manifestée du Divin va insuffler une élaboration de l’Univocité, et permettra la Transmutation dans un monde où les Idées (mots et paroles), vont s’organiser dans un ordre sacré. Les Oracles ne sont plus des simples invocations ou des prières dénuées de spirituel ; mais des accessions successives au plus haut degré de l’Esprit
La parole porteuse de l’expression de ce qui a été révélé, va servir de médiateur entre l’Homme et le Divin. La Langue Sacrée devient restauratrice du monde prévisible, paisible, et attendu. La Cérémonie Liturgique dépasse, par l’espoir d’Elévation, toutes les prémisses de notre état à régénérer.
L’acte rhétorique devient salvateur, et permet la Transcendance par un mécanisme d’Intériorisation Sacrée. Ce n’est plus une tentative dans un ordre catégoriel d’accession au Sur-Moi, mais un vrai passage à travers le Sur-Moi (bien au-delà de l’Ego et du Moi), pour atteindre l’Idée Universelle.
Les Invocations se transforment en paroles Efficientes, permettant à notre Être d’aller au-delà de nos propres pensées, et de nous Unir à l’Archétype Primordial et Universel.
La perception multi-dimensionnelle du Sacré au 3ème degré:
Habité par le doute, et par la crainte de la Nature et du Surnaturel, l’Homme a, au cours de l’Histoire, essayé de délimiter un espace où il pourrait s’adresser au créateur, et où il se refugiât périodiquement pour con-sacrer un temps considéré comme Sacré.
La Tente de Saint-Jean était sanctifiée, lieu de rencontre de l’Esprit et de la Matière (le Verbe s’est fait Chair).
Tout au long de l’Histoire Humaine et des Civilisations, on trouve cette Edification des Lieux Sacrés ou de temples pour approcher le Divin. C’est un lieu de communication avec le ciel, et les exemples sont multiples. La porte qu’on franchit prend ainsi un Symbole de transition et de transformation.
C’est un passage obligatoire, et il ne peur se réaliser aucun acte rituel prenant une valeur sacrée, sans cette procédure. « Tout espace sacré implique une Hiérophanie, une irruption du sacré, qui a pour effet de détacher un territoire du milieu cosmique environnant et de le rendre qualitativement différent ; ainsi la communication avec le Divin est rendue possible, par un phénomène de Transcendance ».
L’espace sacré est représenté par le temple, reproduction de l’univers, avec toutes ses composantes objectales et se traductions symboliques. L’emplacement de chaque objet symbolique est bien réfléchi ; ainsi que la situation du VM et de ses Officiers. La Sacralisation est rapidement instaurée par le VM, non pas d’une manière automatique, mais moyennant une aspiration conditionnée par l’attente de la rencontre avec le Sacré.
C’est le Temple , qui par sa symbolique élaborée, permet l’acte de création reproduit à chaque Cérémonie. Ainsi le tracé du Tableau de Loge est un acte sacré, puisqu’il s’achemine progressivement vers la représentation du GADLU.
Donc, la définition du lieu sacré à chaque Cérémonie, est remarquablement marquée, et on se situe sensiblement et irréversiblement dans un processus de sacralisation (jusqu’à la fin des Travaux), transcendant et divinisant.
Les Paroles deviennent hautement communicatives et trouvent leur acmé d’action et leur pouvoir transcendant dans l’état extatique de la Chaîne d’Union, s’adressant avec humilité et reconnaissance au GADLU.
C’est l’Eternel Retour cyclique à chaque cérémonie, avec la pacification des Âmes et la purification de nos intérieurs
En retournant vers la réalité « fictive », et en quittant la « fiction » réelle, le Maçon pèsera la vraie valeur de la Vie Eternelle et l’infime relativité de l’Existence.
D’où sa tendance vers le Sacré se trouve renforcée, et sa Foi se creuse dans le Creuset de l’interposition entre le Réel (ou sa raison Unidimensionnelle) et le Sacré. Il s’aperçoit qu’il n’y a pas de Dichotomie Temporelle, ou de contradiction opposante limitée, localisatrice et figée ; mais une vraie Voie vers la Grande Initiation.
Cet endroit qui prétend être entre l’Homme et le Sacré, fût le Centre de toute concentration, de notre attention, de nos espérances. C’est dans le « Lieu-Lien »où nous avons la possibilité de traverser les images chimériques préconçues, et de passer à l’autre rivage du Mystique voyage.
Nous ne perdons pas dans la Bi-dimensionalité de notre ontologie, mais passons à la possible rencontre du Divin. Car la caractéristique sublimatoire du Divin, c’est de nous attirer vers Lui, et de nous maintenir assez loin, sans avoir aucune prétention fusionnelle ; la Translucidité est permanente.
Notre Connaissance ne peut être, et à aucun moment définitive. Il n’est pas question que tout s’arrête à un instant d’Illumination ; la Quête du Sens du Divin est perpétuelle. C’est pourqoi nous avons tant besoin de cette existence bi-dimensionelle. Temps et temple sont nécessaires pour accéder à la manifestation.
La Perception Existentielle du sacré au 3ème degré (suite):
« Le Sacré relie, révélé, hiérarchise et ordonne, ce qui sans lui, serait épars et dénué de Sens ».
Il touche à l’Essence de notre Existence, et il doit être vécu plutôt qu’être appris.
Vivre le Sacré est l’histoire même de l’Humanité ; c’est à travers les Mystères, conception purement humaine, que l’Exercice du Sacré se trouve développé, fertilisé, abondamment commenté et interprété.
C’est à travers l’Imaginaire, pouvoir spécifiquement humain, que le Sacré a donné des dimensions véritables pour la compréhension de l’univers et du Premier Principe. L’Existence humaine s’est alliée indéfectiblement à l’Unité Créatrice. Les Religions (Re-ligare) sont venues con-sacrer cette liaison. Les promesses prophético-eschatologiques ont consolidé une certaine conception de l’Existence dans une filiation téléologique à travers la Mort
La Continuité existentielle n’est pas un phénomène physiquement déterminé, mais spirituellement et potentiellement déterminant. L’Existence dans le monde sublunaire est le début mais n’est pas la fin. L’approche idéelle du Sacré permet l’Acception de la Détermination dans la Voie. C’est ainsi que la progression dans la « sinuosité » de l’Existence nous révèle, au fur et à mesure qu’on avance, la représentation sacrée de notre imaginaire mythique. Très peu de choses soutient cette démarche, mais l’action permanente, permet la progression et la perfection. Tel un papillon métamorphosé, qui cherche la lumière et qui se perd dans son envol, soutenu par l’Air (peu de choses), qui bat de ses ailes (action) et qui avance, attiré par la source lumineuse. Cette Beauté de la Nature est le reflet de l’Aventure Cyclique existentielle humaine.
Ce Voyage antérograde Initiatique dans le temps, du fait de sa réversibilité, essaie de monter les marches du Tempus-Templum ; la Présence ou l’Immanence donne pleinement sa signification existentielle par la formule Heideggérienne du Dasein ou ontologique Parménidienne, et transgresse l’affirmation Cartésienne (je pense donc je suis), en tendant vers la formulation Mosaïque du Divin (je suis qui je suis).
L’Existence Sacrée est donc Sanctifiée, par des « Modèles » Théophaniques ; et le premier détachement d’une structure temporo-spatiale de l’environnement (qu’est le Temple), permet le deuxième détachement de l’Homme, spirituel celui là, par le phénomène de la transcendance. Il s’arrache, d’une façon cyclologique, à la structure qu’il vient de créer.
Pour ainsi accéder au Sacré, l’Homme revient à l’Histoire et ses Mythes, car le Mythe est le seul concept porteur d’un pouvoir de transmutation, et de par sa nature riche, féconde et insaisissable ; il donne à l’Homme la possibilité de construire, dans son Imaginaire, ce qu’il est capable de détruire, ou ce qu’il voit être menacé de destruction. Il s’agit avant tout de la menace « d’auto-destruction spirituelle ».
Ce pouvoir du Mythe Sacré va maintenir l’Homme dans un perpétuel mouvement, entre le profane et le Sacré, et va le laisser ainsi à sa réalité existentielle en tant qu’Être physique et Entité Ontologique.
La capacité du mythe de la non séparabilité entre le Réel (l’Histoire), et l’Irréel ; entretient en l’Homme la tendance vers l’Elévation.
Adonis Le Levantin
source:www.goao.org
INTRODUCTION
Le caractère fondamental du Sacré est son aspect extraordinaire, surnaturel, supra-humain, presque inaccessible et difficilement connaissable.
Mais, malgré toutes les facettes mystérieuses du Sacré, il peut être perçu et vécu, grâce à une approche, non pas méthodologique et scientifique unidimensionnelle, puisque celle-ci s’occupe de notre immanence de notre Être sur Terre ; mais plutôt de Transition, exigeant une préparation mentale spécifique, où l’Initiation prend toute son importance.
Le Sacré est composé d’un Corpus, qui est un ensemble de choses, de croyances et de Rites.
Ainsi le monde est séparé en Phénomènes Sacrés et Profanes. Dans l’Histoire de l’Humanité, l’Essence de la Religion qu’elle soit Révélée ou Païenne, est le sacré. De ce fait, il existe beaucoup de confusion entre le Sacré et le religieux, bien qu’ils soient intimement liés.
L’Homme de Tradition s’inscrit dans cette Pensée comportementale générale, et s’intéresse à cet état d’être pendant la Cérémonie de transition entre le Profane et le Sacré, grâce à un ensemble de dispositifs ou de supports permettant la Manifestation du Sacré. Raison pour la quelle tous les Symboles (et objets), prennent leurs véritables dimensions dans ce phénomène répétitif. L’objet Symbolique devient chargé de sens, d’Affect, et de Finalité.
La Causalité de la Manifestation Sacrée est obligatoirement conditionnée par ces Symboles. En manifestant le Sacré, un objet quelconque devient autre chose, sans cesser d’être lui-même. Cette Manifestation qu’on appelle Hiérophanie, se montre ainsi à nous.
A travers l’objet, on approche le Divin
Cette Incarnation, cette Hiérophanie, ne peut se réaliser sans support, ou une Voie. C’est la condition sine qua non, pour atteindre le Sacré (le Ganz Anderé).
Rôle du Rituel dans la perception du Sacré lors d’une Tenue au 1er degré :
Dans l’opération cérémoniale rituelle, il ne suffit pas d’exécuter des gestes automatiquement conditionnés par la répétition robotisée.
1-La Cérémonie Rituelle est un acte hautement HUMANISANT, car elle fait le lien entre le symbole et le Symbolisé, entre le Signifiant et le Signifié. Elle est également chargée de Sens, de finalité non instinctive et d’objectifs indéterminés préalablement. Ce dernier caractère laisse la place à l’Evocation et au ressentiment du sacré dans sa complétude et sa béatitude. Elle permet l’éloignement du strictement humain de l’Existant, et ouvre la Voie vers l’Existence Principielle.
2- le Rituel est une attitude STRUCTURANTE non seulement dans le temps et l’espace (sacrés), mais aussi dans la méta-vision gestuelle conductrice de la transmutation. Avec nos gestes répétitifs, nous nous élevons et nous découvrons un autre état d’être, qui permet le passage au sacré.
3- Notre mental n’est pas conditionné, mais CONDITIONNEL, arrivés à l’apogée de notre pouvoir de transcendance (quoique limité), nous saisissons pleinement le Sacré par l’accompagnement gestuel prédictif ? Nous anticipons l’acte rituel, son déroulement, son exécution, et sa parfaite maîtrise.
4-Le sentiment d’être un réalisateur, un TRANSMETTEUR, et un accompagnateur dans la cérémonie rituelle, va entraîner une sensation de voyage initiatique graduel. Nous passons d’une phase à l’autre par notre aptitude à culminer dans la sacralité.
A travers le perceptible (le rituel), nous percevons l’Invisible. Le Symbole se transforme d’objet visible en présence virtuelle. Et le symbolisé invisible, par la révérence de la Cérémonie, devient Immanent.
Le Sacré se présente à nous et nous élève vers Lui. « Elevons nos cœurs en fraternité », dit le VM ; d’où la Transcendance spirituelles s’accompagne non seulement de la soustraction au monde profane et de l’abstraction psycho-intellectuelle, mais surtout par le sentiment qu’on est vraiment dans un processus collectif de séparation momentanée avec le profane.
5- Le Sacré est HUMAIN, et l’humain est sacré. Les deux concepts sont liés non seulement sur le plan existentiel, philanthropique ou social, mais aussi par la démarche cérémoniale. L’un va prendre corps dans l’autre, se précise et se cristallise dans l’exactitude des gestes rituels.
L’Acte Rituel devient simulacre de Création Divine Sacrée quant à la progression de la lumière dans le lieu Sacré (le Temple).cette diffusion s’imprègne du sacré, puisqu’elle reproduit à chaque ouverture des Travaux, l’Acte de Création.
6- Le Sacré ne peut être CONSTRUIT et atteint sans ses éléments constitutifs originels ; une Loge Juste et Parfaite, mais aussi l’exécution du Rituel d’une manière intimement et individuellement imprégnante.
Le vécu du Sacré devient réalité par cette adhésion et cette fusion avec la cérémonie rituelle. Si tous les regards des Frères se trouvent tournés vers le Centre de la Loge (Axis Mondi), c’est parce qu’il y a un acte d’accession au Sacré par le processus créatif.
Les conditions de l’acte de la reproduction de la Création Sacrée sont, il est vrai, souvent collectives dans une cérémonie, mais les conditions individuelles sont aussi importantes pour que la répétition devienne innovante, et que la perception et le vécu individuels du sacré, puissent rejoindre, malgré leurs différences, l’Essentiel.
7-L’Acte Rituel n’est pas modifié, mais MODIFIANT, par sa répétition indéfini, il éprouve le besoin d’Imagination Mythique Créatrice ; on ne s’arrête plus sur les automatismes, mais on active notre besoin de connaissance.
Toute notre « aventure » maçonnique est une préparation à ce que est le plus élevé et le plus sacré. L’accession pulsatile s’accélère au fil du temps, et l’approche du Sacré devient plus prépondérante. Elle nous mène vers la Première Source. A chaque décélération, on revient vers le Profane, mais l’attraction qui atomise tous nos sens et notre psychisme, sonne l’appel au plus profond de notre Ame vers le sacré.
Le Sacré devient sacralisé par les « Dogmes » et les gestes, et les dépasse pour que son vécu soit ressenti comme tel. La représentation du Sacré in situ apparait dans le schéma Cosmologique de Création, et à partir du Créé, on atteint l’Incréé.
Le phénomène inverse pourrait se concrétiser par l’Anthropo-cosmomorphie, où la théophanie « se révèle et s’auto-révèle » , sans altérer la nature Apophatique Divine ; mais pour que les dimensions multiples de la Divinité Sacrée puissent être intégrées dans notre conscience d’Hommes.
Si le Créateur n’est pas contraint de manifester sa raison d’Etre, ni son Existence, néanmoins la résultante de la Cause Première, dans cette situation, n’intellige pas la conscience de causalité. D’où l’absence d’Absurdité de la démarche du Sacré dans la Révélation.
Contrairement au Nihilisme, le Mystère engendre cette portée da la Signification Symbolique de toute Création, et lui donne ce caractère obligatoirement Sacré, par la Transcendance de l’Humain.
Le Praxis Rituel a donc une fonction de coordination entre la Pensée, sa Signification, sa portée et son interprétation contextuelle. Le degré de Transcendance est d’autant plus sacralisé, que la pratique gestuelle est loin de l’automatisme répétitif inconscient, et que le vécu intérieur (et extérieur) l’emporte sur le maniérisme « obsessionnel ».
La Tradition Sacrée ne sera pas transmise par une parade de gestes, mais par la manière dont elle est exécutée. La Forme ne doit pas oublier le Fond, et le Signifiant ne fait pas éloigner le Signifié., qui doit être présent, car c’est sa Finalité.
La combinaison du contenu et du contenant, d’une façon exécutoire, permet de préparer la matrice de la Transcendance, et d’y pénétrer avec conviction et détermination, parce que toutes ces procédures préparatoires ne peuvent s’annuler que par le vécu négatif, et l’absence de vision tendue vers le Sacré.
La conscience du sacré, dans le cadre d’une perception positive, devient alors impérieuse. D’où la différence avec ritualisme Non Initiatique, dénué de démarche de recherche de Connaissance.
L’Initié, en s’expriment par le Rituel, se regarde, et se tourne vers Lui-même et son Intérieur. En se découvrant soi-même, il ouvre la Voie à la Connaissance sacrée
La Perception solennelle du Sacré lors d’une Tenue au 1erdegré :
Il ne s’agit pas de phénomène de magie gestuelle, de rhétorique balsamique ; ce n’est pas non plus une action d’entrainement et de transposition collective d’un état mental à un autre état mental d’enchantement ordinairement et naturellement atteint.
L’aspect solennel de l’état psychique(Egrégore), est une des conditions nécessaires pour accéder à la généralisation du sentiment d’être transmuté du profane vers le sacré.
Tous les éléments, que compose le temple, contribuent à cette opération. Il s’agit de phénomène conscient, volontaire et revendicatif (spéculatif en somme).
Le but atteint est préétabli, conçu, et progressivement maitrisé dans l’espace et dans le temps.
Il ne s’agit donc pas d’être emporté, mais de produire à chaque instant une énergie psychique et mentale vigilante, consciente et contrôlée, pour atteindre la porte du Sacré.
D’où la composition d’une Loge, de part ses membres : VM, 1° et 2° Surveillants et les autres Officiers, mais aussi tous les autres Frères, qui est une des conditions indispensables pour que circule cette approche du sacré et du Divin.
La Communication, par gestes paroles et Attouchements, devient ainsi révérante et majestueuse, donnant une forte possibilité d’Elévation et de sur-dépassement ; le Moi laisse la place à l’Ensemble, et la Multiplicité tend vers l’Unité ; « Nous ne sommes plus dans le Monde Profane », comme le dit le Rituel, à l’Invocation du VM.
A chaque ouverture des Travaux, nous assistons à une régénération, à une aspiration attendue, à l’éveil du Sacré laissé pour un moment( à la fermeture des Travaux), somnoler dans notre intérieur, et qu’on réveille à chaque Cérémonie.
Loin d’être un phénomène exclusivement subjectif, la Communion dans le Sacré lors d’une Cérémonie, enveloppe l’Ensemble (des Frères) pour la Transmutation mentale et psychique. Ainsi l’objectivité de la procédure lui donne les couleurs de l’Altérité. Le Lieu et l’Espace deviennent Sacrés, mais aussi les Symboles et surtout la Sanctification de l’Autre considéré comme Sacré.
Car pour approcher le Sacré, il faut être soi-même Sacré comme valeur Humaine. D’où la nécessité du dispositif (Temple, Rituel). La main gantée porte l’espoir de la purification pour accéder à toute activité Gestuelle dans le Temple.
Donc on n’improvise pas, la progression est très consciemment menée, les deux Surveillants préviennent chacun sur sa colonne, de l’Ouverture des Travaux ; cette répétition, à première vue, peut sembler banale, voire ennuyeuse ; mais pour comprendre le Sens et la finitude de cette progression, il va falloir adhérer à la succession des événements qui vont nous aider à s’installer dans le temps et l’espace sacrés. Comme disait Platon : la répétition est l’Idéal de l’Idée.
Il n’y a pas de gratuité ou de spontanéité irréfléchie, comme on entre dans un lieu ordinaire ; cette préparation est aussi importante que ce qui suit ; car pour se laisser pénétrer par le sentiment d’être « dedans », dans un endroit hors du commun, il est indispensable qu’on soit « captif » et captivé par l’enchaînement qui se succèdent.
C’est une opération objectivo-subjective, qui demande donc, que chaque Membre de la Loge (lors d’une Tenue), soit lui-même le centre de cette démarche et qu’il procède intérieurement par un mécanisme dynamique (et non pas un simple spectateur), à la Transformation dans un environnement propice au passage vers ce Monde Imaginal (cher à Henry CORBIN)
C’est un à priori antérieurement prédisposé, Hic et Nunc, et c’est à travers la Cérémonie qu’on progresse dans la Contemplation du Sacré.
Le caractère solennel de la Cérémonie Sacrée, est constitué par l’engagement individuel et subjectif dans la Voie. Ce n’est plus l’Acte Rituel en soi qui signe l’aspect de Révérence seulement, mais aussi la place de la personne en tant qu’Être métaphorique. L’Initié devient partie intégrante de la Cérémonie, et sa Présence Immanente donne une sorte de fusion complète et subtile, et aboutit à la réalisation de l’Acte Rituel, devenu sacré.
Un geste cérémonial approprié dans un contexte approprié, c’est à où réside la profondeur et le pouvoir de la communication gestuelle du rituel lors d’une Cérémonie. C’est un vécu à chaque instant, une adhésion avec les Cinq Sens une Elévation vers l’Esprit, une incroyable et grandiose sensation d’être sortie du Monde Profane et d’être authentiquement dans le Monde Sacré., avec tout ce qui en découle comme apport Symbolique très fort.
L’Hiérophanie peut être alors approchée, et la préparation intérieure qui permettrait un franchissement de cet état hypostatique, et une inversion de la Chute Adamique pseudo-paradisiaque et Edénique.
La Présence ainsi manifestée du Divin va insuffler une élaboration de l’Univocité, et permettra la Transmutation dans un monde où les Idées (mots et paroles), vont s’organiser dans un ordre sacré. Les Oracles ne sont plus des simples invocations ou des prières dénuées de spirituel ; mais des accessions successives au plus haut degré de l’Esprit
La parole porteuse de l’expression de ce qui a été révélé, va servir de médiateur entre l’Homme et le Divin. La Langue Sacrée devient restauratrice du monde prévisible, paisible, et attendu. La Cérémonie Liturgique dépasse, par l’espoir d’Elévation, toutes les prémisses de notre état à régénérer.
L’acte rhétorique devient salvateur, et permet la Transcendance par un mécanisme d’Intériorisation Sacrée. Ce n’est plus une tentative dans un ordre catégoriel d’accession au Sur-Moi, mais un vrai passage à travers le Sur-Moi (bien au-delà de l’Ego et du Moi), pour atteindre l’Idée Universelle.
Les Invocations se transforment en paroles Efficientes, permettant à notre Être d’aller au-delà de nos propres pensées, et de nous Unir à l’Archétype Primordial et Universel.
La perception multi-dimensionnelle du Sacré au 3ème degré:
Habité par le doute, et par la crainte de la Nature et du Surnaturel, l’Homme a, au cours de l’Histoire, essayé de délimiter un espace où il pourrait s’adresser au créateur, et où il se refugiât périodiquement pour con-sacrer un temps considéré comme Sacré.
La Tente de Saint-Jean était sanctifiée, lieu de rencontre de l’Esprit et de la Matière (le Verbe s’est fait Chair).
Tout au long de l’Histoire Humaine et des Civilisations, on trouve cette Edification des Lieux Sacrés ou de temples pour approcher le Divin. C’est un lieu de communication avec le ciel, et les exemples sont multiples. La porte qu’on franchit prend ainsi un Symbole de transition et de transformation.
C’est un passage obligatoire, et il ne peur se réaliser aucun acte rituel prenant une valeur sacrée, sans cette procédure. « Tout espace sacré implique une Hiérophanie, une irruption du sacré, qui a pour effet de détacher un territoire du milieu cosmique environnant et de le rendre qualitativement différent ; ainsi la communication avec le Divin est rendue possible, par un phénomène de Transcendance ».
L’espace sacré est représenté par le temple, reproduction de l’univers, avec toutes ses composantes objectales et se traductions symboliques. L’emplacement de chaque objet symbolique est bien réfléchi ; ainsi que la situation du VM et de ses Officiers. La Sacralisation est rapidement instaurée par le VM, non pas d’une manière automatique, mais moyennant une aspiration conditionnée par l’attente de la rencontre avec le Sacré.
C’est le Temple , qui par sa symbolique élaborée, permet l’acte de création reproduit à chaque Cérémonie. Ainsi le tracé du Tableau de Loge est un acte sacré, puisqu’il s’achemine progressivement vers la représentation du GADLU.
Donc, la définition du lieu sacré à chaque Cérémonie, est remarquablement marquée, et on se situe sensiblement et irréversiblement dans un processus de sacralisation (jusqu’à la fin des Travaux), transcendant et divinisant.
Les Paroles deviennent hautement communicatives et trouvent leur acmé d’action et leur pouvoir transcendant dans l’état extatique de la Chaîne d’Union, s’adressant avec humilité et reconnaissance au GADLU.
C’est l’Eternel Retour cyclique à chaque cérémonie, avec la pacification des Âmes et la purification de nos intérieurs
En retournant vers la réalité « fictive », et en quittant la « fiction » réelle, le Maçon pèsera la vraie valeur de la Vie Eternelle et l’infime relativité de l’Existence.
D’où sa tendance vers le Sacré se trouve renforcée, et sa Foi se creuse dans le Creuset de l’interposition entre le Réel (ou sa raison Unidimensionnelle) et le Sacré. Il s’aperçoit qu’il n’y a pas de Dichotomie Temporelle, ou de contradiction opposante limitée, localisatrice et figée ; mais une vraie Voie vers la Grande Initiation.
Cet endroit qui prétend être entre l’Homme et le Sacré, fût le Centre de toute concentration, de notre attention, de nos espérances. C’est dans le « Lieu-Lien »où nous avons la possibilité de traverser les images chimériques préconçues, et de passer à l’autre rivage du Mystique voyage.
Nous ne perdons pas dans la Bi-dimensionalité de notre ontologie, mais passons à la possible rencontre du Divin. Car la caractéristique sublimatoire du Divin, c’est de nous attirer vers Lui, et de nous maintenir assez loin, sans avoir aucune prétention fusionnelle ; la Translucidité est permanente.
Notre Connaissance ne peut être, et à aucun moment définitive. Il n’est pas question que tout s’arrête à un instant d’Illumination ; la Quête du Sens du Divin est perpétuelle. C’est pourqoi nous avons tant besoin de cette existence bi-dimensionelle. Temps et temple sont nécessaires pour accéder à la manifestation.
La Perception Existentielle du sacré au 3ème degré (suite):
« Le Sacré relie, révélé, hiérarchise et ordonne, ce qui sans lui, serait épars et dénué de Sens ».
Il touche à l’Essence de notre Existence, et il doit être vécu plutôt qu’être appris.
Vivre le Sacré est l’histoire même de l’Humanité ; c’est à travers les Mystères, conception purement humaine, que l’Exercice du Sacré se trouve développé, fertilisé, abondamment commenté et interprété.
C’est à travers l’Imaginaire, pouvoir spécifiquement humain, que le Sacré a donné des dimensions véritables pour la compréhension de l’univers et du Premier Principe. L’Existence humaine s’est alliée indéfectiblement à l’Unité Créatrice. Les Religions (Re-ligare) sont venues con-sacrer cette liaison. Les promesses prophético-eschatologiques ont consolidé une certaine conception de l’Existence dans une filiation téléologique à travers la Mort
La Continuité existentielle n’est pas un phénomène physiquement déterminé, mais spirituellement et potentiellement déterminant. L’Existence dans le monde sublunaire est le début mais n’est pas la fin. L’approche idéelle du Sacré permet l’Acception de la Détermination dans la Voie. C’est ainsi que la progression dans la « sinuosité » de l’Existence nous révèle, au fur et à mesure qu’on avance, la représentation sacrée de notre imaginaire mythique. Très peu de choses soutient cette démarche, mais l’action permanente, permet la progression et la perfection. Tel un papillon métamorphosé, qui cherche la lumière et qui se perd dans son envol, soutenu par l’Air (peu de choses), qui bat de ses ailes (action) et qui avance, attiré par la source lumineuse. Cette Beauté de la Nature est le reflet de l’Aventure Cyclique existentielle humaine.
Ce Voyage antérograde Initiatique dans le temps, du fait de sa réversibilité, essaie de monter les marches du Tempus-Templum ; la Présence ou l’Immanence donne pleinement sa signification existentielle par la formule Heideggérienne du Dasein ou ontologique Parménidienne, et transgresse l’affirmation Cartésienne (je pense donc je suis), en tendant vers la formulation Mosaïque du Divin (je suis qui je suis).
L’Existence Sacrée est donc Sanctifiée, par des « Modèles » Théophaniques ; et le premier détachement d’une structure temporo-spatiale de l’environnement (qu’est le Temple), permet le deuxième détachement de l’Homme, spirituel celui là, par le phénomène de la transcendance. Il s’arrache, d’une façon cyclologique, à la structure qu’il vient de créer.
Pour ainsi accéder au Sacré, l’Homme revient à l’Histoire et ses Mythes, car le Mythe est le seul concept porteur d’un pouvoir de transmutation, et de par sa nature riche, féconde et insaisissable ; il donne à l’Homme la possibilité de construire, dans son Imaginaire, ce qu’il est capable de détruire, ou ce qu’il voit être menacé de destruction. Il s’agit avant tout de la menace « d’auto-destruction spirituelle ».
Ce pouvoir du Mythe Sacré va maintenir l’Homme dans un perpétuel mouvement, entre le profane et le Sacré, et va le laisser ainsi à sa réalité existentielle en tant qu’Être physique et Entité Ontologique.
La capacité du mythe de la non séparabilité entre le Réel (l’Histoire), et l’Irréel ; entretient en l’Homme la tendance vers l’Elévation.
Adonis Le Levantin
source:www.goao.org
mercredi 4 janvier 2012

Le Samedi 4 Février 2012 à 10h la Respectable Loge Khalil GIBRAN ( G.O.A.O. ) à l'Orient de Saint Cloud ( Paris ) organise un Déjeuner-Débat ouvert au public sur le thème :
"Ballade de l'âme entre Orient et Occident"
autour de Idriss ABERKANE
En présence de Jean-Marc ARACTINGI, Grand Maître Mondial du Grand Orient Arabe Œcuménique (G.O.A.O.) et de Pierre-Philippe BAUDEL, Grand Maître Général de la Grande Loge Mondiale de Misraïm (GLMM)
Résumé : "As stand we perch't on point of Time, betwixt the two Eternities".
De Dante à Heaney, de Villon à T.S. Eliot, Leopardi, Blake, Poe, Baudelaire ou le Soufi Richard Francis Burton la poésie nous décrit la réalité profonde de ce que toute la vie de l'âme n'est qu'un courant de conscience. Si la vie, les vies, ne sont qu'une ballade de l'âme dans son propre univers, le monde n'est qu'un aide-conscience qui sert à faire grandir l'âme, et sa réalité n'a aucune importance. A travers notre ballade dans la littérature métaphysique, nous suivons le chemin universel de "l'Exil de l'âme" chanté par Averroës et conté par les Soufis. Cet exil, parce qu'il finit bien dans l'Unicité du Divin, est proprement une "Commedia".
Biographie: Biologiste, Idriss Aberkane étudie à l'Université Paris-Sud puis entre à l'Ecole Normale Supérieure ( rue d'Ulm-Paris ) en 2005, où il étudie les neurosciences et la psychologie cognitive notamment à l'EHESS et au Collège de France. Interne du département de psychologie expérimentale de l'Université de Cambridge ('06, '09) il est Visiting Scholar de l'Université de Stanford ('07). Il réalise également une thèse en littérature comparée sous la direction d'Eric Geoffroy et Patrick Laude à l'Université de Strasbourg. Il enseigne à l'Ecole Centrale de Paris et à l'Ecole Centrale d'Electronique.
Idriss Aberkane est affilié à la Tariqa Alawiya.
Lieu : Respectable Loge de Recherche Khalil GIBRAN (G.O.A.O.) à l’Orient de Saint Cloud (92210-France, Péniche Le Cloch’Art)
2055 Quai Marcel Dassault-92210 Saint Cloud (face au siège Dassault Aéronautique)
Métro : Pont de Saint Cloud / Rhin et Danube ; Autobus : N°175 Station Val d’Or ; Tramway : « Les Coteaux » à 5 mn de la Défense ; Train : Val D’Or (Gare Saint Lazare ou la Défense. Parking gratuit devant la péniche.
La participation au Déjeuner-Débat est de 20 € par personne.
Les places étant limitées, merci de vous inscrire avant le 1 Février 2012 en adressant votre chèque au :
G.O.A.O. B.P. 6 - 77510 Rebais ; Téléphone : 06 72 46 37 69
Ce déjeuner-débat est ouvert au public. Nombre de places : 50
Le Grand Orient Arabe Oecuménique rend un hommage posthume à César ARAKTINGI Grand Maître et fondateur de la 1er loge en Palestine pour ses 70 ans!

César Araktingi (1865-1941), Grand Maître au 33e de la Franc-Maçonnerie en Palestine.
Petit-Fils de Chucri Araktingi,libanais de Deir el Kamar ancienne capitale du Liban, installé à Jaffa en Palestine, de confession Chrétienne (Grec-Catholique) et non arménienne comme certains l'ont écrit,César Araktingi est né en 1865 à Jaffa et a marqué la franc-maçonnerie de ce pays, en étant l'un de ses premiers fondateurs: En 1891, au rite "Misraim Oriental Order of Egypt" en créant la Respectable "Solomon's Temple Lodge", puis en 1906 en fondant sous les auspices du Grand Orient de France la Respectable Loge L'Aurore (Barkai) à l'Orient de Jaffa (loge qui existe toujours et qui a été transférée à Tel-Aviv appartenant dorénavant à la Grande Loge de l'Etat d'Israël). Initié à l'âge de 27 ans (le 18 Octobre 1891), il fut élu Vénérable Maître de sa loge durant 23 ans!
Personnage charismatique ,Vice-Consul de Grande Bretagne en Palestine,il a été élu Vice-Maire de la municipalité de Jaffa. A sa mort en 1941,des funérailles nationales lui ont étées faites.
www.grandorientarabe.org
samedi 31 décembre 2011
Message du Grand Orient Arabe Œcuménique ( Grande Maîtrise Mondiale ) à l'aube du Premier Printemps Arabe

JANVIER 2012
M. Mohamed Bouazizi vient d’être désigné, mercredi 28 décembre 2011, personnalité de l’année par le «Times», après avoir reçu à titre posthume le prix Shakarov le 14 décembre 2011: il s’était immolé par le feu le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid en Tunisie. Mme Tawakkol Karman a reçu, avec deux autres femmes, le Prix Nobel de la Paix le 12 décembre 2011 à Oslo: elle se bat toujours sur la place Taghyir à Sanaa en Yémen.
Deux figures comme on les aime bien: un homme se suicide poussé par le désespoir et une femme est récompensée pour sa lutte pour la liberté en général et celle des femmes en particulier. Mohamed a usé de la seule liberté individuelle qui lui restait, Tawakkol continue à se battre pour la liberté des autres.
Nous ne sommes pas sûr que Mohamed ou Tawakkol aient eu le choix entre ces deux formes de combat. Ce qui peut paraître sûr, c’est que le combat pour la liberté collective reste toujours possible, tant que l’être dispose d’espace intérieur pour sa propre liberté de conscience. Lorsque cet univers s’effrite, il découvre souvent qu’il n’a pas les ressources suffisantes pour effectuer ses choix.
Nous arrivons là à la différence fondamentale qu’il y a entre le fait religieux (dans son acceptation ou dans sa négation) et le fait initiatique. Dans le premier cas, on est dans le «vivre ensemble», dans le second cas, on est dans la recherche de ce qui nous «nomme». Une expression comme «libre et de bonnes mœurs» pose d’emblée la complexité des mots utilisés dans une voie initiatique. Elle est complexe, parce que sa construction et sa brièveté ne peuvent que nous renvoyer à des non-dits: veut-on dire par là que notre liberté d’agir ou de penser est modelée par des mythes ou des systèmes auxquels on renvoie l’impétrant ? Que peut-on entendre par «bonnes mœurs» ? Traduite en hébreu, en arabe, ou en japonais, cette expression n’ouvrirait certainement pas les mêmes éventails de non-dits, d’autant plus qu’elle a été écrite en français du XVIIIème siècle.
L’héritage des pays dits arabo-musulmans, fait de traditions hébraïques, chrétiennes et islamiques est l’un des plus riches et des plus complets qui ait pu pousser sur le tronc abrahamique. A part quelques moments fastes de l’histoire où certains grands esprits, notamment à Tolède, ont pu s’essayer à quelques timides synthèses, les pétales de cet héritage commun n’ont pu être que séparément développés au sein de leurs communautés respectives.
La colonisation de ces pays par l’Occident dès le XIXème siècle a provoqué un déséquilibre brutal en défaveur des communautés arabo-musulmanes ou berbères: elles sont devenues «l’indigène» ! En effet, celui qui est né localement (sens étymologique du terme) à l’arrivée des premiers colons est devenu très vite un sous-homme dont on commença à exploiter la terre, la force de travail et le sang dans des guerres ne le concernant en aucun cas.
Les communautés juive et chrétienne existantes à l’arrivée des colons ayant bénéficié de l’effet «d’aspiration» de leurs communautés éponymes au sein des pays colonisateurs, ont, dans la majorité des cas, pris leur distance par rapport à la communauté arabo-berbère. Ainsi, «l’homo indigena» prit définitivement naissance au sein d’un système d’apartheid, dans lequel il reçut des sobriquets, et son burnous, porteur de la fierté des grands cadis de l’Islam, devint la métaphore de sa «sueur».
Il ne fallait pas que l’indigène acquiert un quelconque statut citoyen. La peur de la règle électorale poussa, jusqu’à l’autisme, le système colonial à nier l’humain à cette communauté, et à instrumentaliser sa langue, sa tradition, et sa religion pour mieux la cantonner dans l’ignorance et retarder ainsi sa prise de conscience politique.
La majorité des systèmes maçonniques occidentaux ont tous joué le jeu colonial et ont servi les desseins d’expansionnisme culturel des pays occidentaux. Il n’y pas longtemps encore, une de ces maçonneries installait à grands flonflons un dictateur, fils de dictateur, les pieds sur le Pavé Mosaïque et bredouillant un signe du 2ème degré, comme Grand Maître de la seule et unique Obédience de ce pays.
Bien sûr, lorsque ces pays se seront libérés de leurs régimes, installés et soutenus par les pays occidentaux, et que leurs armées ne seront pas d’abord destinées à enfermer leurs peuples, il y aura de la place pour des systèmes maçonniques. L’on y verra fleurir les VIP des obédiences américaines, anglaises et françaises, comme on les a vus à l’œuvre dans les pays de l’Est après la chute du mur de Berlin. L’on y verra, aussi, les obédiences mixtes et féminines venir apporter leur aide et leur soutien à cette moitié de l’humanité que sont les femmes. Continuant là leur long combat commencé en Occident, dans lequel il n’y a toujours pas de femmes chez les maçons se disant réguliers, ni chez les curés d’ailleurs. Il y aura, aussi et surtout, la naissance de systèmes maçonniques nationaux hyper jaloux de leur indépendance et de leurs prérogatives.
Bien sûr, lorsque ces peuples, à écrasante majorité musulmane et pratiquante, pourront s’exprimer librement, ils voteront pour l’instauration de pays dont la Loi sera laïque. Qu’y a-t-il de plus normal pour un pays «vraiment» démocratique ? Un «vraiment» issu de l’enseignement des Lumières, et se traduisant par le respect sacré des minorités comme celui des majorités, et qui a encore du mal aujourd’hui à passer dans les vieilles démocraties occidentales.
La laïcité n’est pas le refus ou l'acception des religions, c’est la séparation par la Loi de leurs sphères de celle du domaine public. Cette Loi devra, certes, s’adapter à la forme du monde actuel, notamment en ce qui concerne le rôle et la place de la femme.
Qu’en est-il du Grand Orient Arabe Œcuménique (G.O.A.O) dans cette future émergence des pays arabo-musulmans ? A l'instar des créateurs des degrés au XVIIIème siècle, notre Ordre se distingue, tout d'abord, par l'élaboration et la régulation d’un nouveau Rite, appelé le Rite Œcuménique (R.O.). Pour quelques aspects techniques, voir:
http://grandorientarabe.blogspot.com/2011/03/le-rite-cumenique.html
Situé à la croisée des nombreux Rites pratiqués par les différentes maçonneries et systèmes dit de "hauts grades" d'une part, et des Ordres Initiatiques religieux d’autre part, le Rite Œcuménique (R.O.) propose l'extension de la méthode du Rite Écossais Ancien et Accepté (R.E.A.A.) aux mythes transmis par le Coran et à l'herméneutique de la langue arabe.
De même qu'il n'est pas nécessaire d'être juif pratiquant et fin connaisseur de la pratique de la Kabbale hébraïque pour entrer dans les arcanes des degrés du R.E.A.A., il n'est pas nécessaire d'être musulman pratiquant et fin connaisseur de la langue arabe pour entrer dans les arcanes des degrés du R.O.
En ce sens, notre Rite ne s'adresse pas exclusivement aux arabes ou aux musulmans, mais à tout être en mesure de rêver l'univers symbolique commun à la tradition abrahamique (Judéo-Chrétienne et Musulmane). Il concerne, néanmoins, en priorité les pays émergents arabo-musulmans, proposant une méthode d'exploration des mythes fondateurs, reflets changeants et subtils de notre être oublié.
Jean-Marc ARACTINGI
Grand Maître Mondial
Kaddour BELKHAMSA
Grand Maître Mondial Adjoint
http://www.grandorientarabe.org/
http://www.goao.org/
lundi 19 décembre 2011
mercredi 14 décembre 2011
L'Admission des femmes en loges

L'Admission des femmes en Loges
par la Vénérable Maître Annie MATSUNAMI
Grand Orient Arabe Oecuménique "Grande Maîtrise du Japon"
Traduit du Japonais
MTCF MTCS,
j’aimerai ici éclaircir quelques points au sujet du statut de la femme, plus particulièrement au sein de la franc maçonnerie,
j'ai entendu souvent dire que les femmes n'avaient pas leurs places en Franc-Maçonnerie, le premier argument, est bien sûr la fameuse constitution d 'Anderson, la seconde est que, la présence d’une ou des femmes dans une loge pourrait distraire, voir exciter les hommes présents, la troisième et bien...c’est un "club" d’homme fait par et pour les hommes, ou l’on parle "d’affaire d’homme"! bien évidemment, tout ces arguments me laisse perplexe, voici ici ce que j’en pense, "notez bien ici que je ne suis aucunement féministe, ceci n’est pas le but, le but ici est de communiquer une opinion et une passion, car, et oui, une femme peut éprouver une réelle passion pour la Franc-Maçonnerie, une attirance naturelle comme c’est le cas pour moi même, la Franc-Maçonnerie peut être fière de posséder une des plus belle forme d’art qui soit, c’est une excellente école de morale et de perfectionnement de soi. Voilà donc mes opinions, commençons par les constitutions d’Anderson, celui-ci était un pasteur protestant anglais du 18 siècle, imaginez donc le contexte ou les femmes vivaient?
Cela était tout juste si les femmes pouvait sortir de chez elles sans chaperons, elles n’avaient bien sûr pas droit aux hautes études, pas besoin de savoir lire et écrire. Pour les plus pauvres la place de la femme était a la maison, sont rôle, fût d’être mère, ni plus ni moins que cela. La discrétion, le silence, l'obéissance étaient les vertus essentielles d'une femme à l' époque d' Anderson, il est donc ici, tout a fait normal et logique que les constitutions d Anderson soit rédigés comme elles le sont actuellement. Anderson était un homme de son temps et je ne le blâme pas pour ça, mais aujourd’hui, les temps ont bien changés, la femme a sa place dans la société, elle fréquente les universités, elle en devient médecin , avocate, politicienne , soldat, jusqu’à ouvrière en bâtiment!! et oui, maçonne opérative !, cela fait que l’on en est manifestement bien loin du temps d'Anderson. il serait bon de réfléchir à la logique de la chose, si maintenant la femme à sa place dans le monde, elle a aussi sa place en Franc-Maçonnerie. Étudions maintenant le deuxième point, dites moi, en quoi une femme vêtue d'une modeste robe noire, d’un tablier et d’un sautoir pourrait distraire les hommes ?, une loge, ce n’est pas un bordel, la discipline doit y régner, non, je ne vois vraiment pas comment?? Au bureau, à l’école, dans les lieux public, les hommes et les femmes ne sont pas séparés...pas besoin d'une loge maçonnique pour avoir une aventure, je crois qu’a mon avis il y a des lieux beaucoup plus érotiques qu’une loge maçonnique a mon avis....non, les hommes doivent apprendre à se contrôler "les femmes aussi", c’est la le vrai travail de la Franc-maçonnerie qui fait sont œuvre ici, faire l’autruche et fuir le problème n’a jamais été la solution, il faut affronter le problème et le neutraliser, du moins le contrôler, c’est un peut comme le vaillant chevalier qui affronte son adversaire et en sort vainqueur. Les gens en loge, sont là pour polir leur pierre brute et apprendre à se connaitre, s’améliorer, pas pour séduire et faire la" drague". Le troisième point, un club d’homme, dite moi, c’est quoi "un club d’homme"? La franc maçonnerie un club d’homme? Je ne vois pas pourquoi? Parler d’affaire d’hommes? C’est quoi des affaires d’hommes ? la politique? Les femmes aussi aiment la politique, ce temps est révolu ! Ce n’est plus tabou pour une femme de parler politique en 2011, et je précise ici, que le sujet de politique est interdit en loge, et par la même, un sujet ""d’homme"" en moins quoi d'autre? Je ne vois vraiment pas de sujet d’hommes. A mon avis la Franc-Maçonnerie est unisexe, pour sa survie, la Franc-Maçonnerie doit évoluer, tout le reste de la société a évoluée, pourquoi pas elle ? L’homme tout comme la femme possède sa propre énergie qui lui est propre, c’est une balance, la prochaine fois que vous visiterez une loge, regardez bien le pavé mosaïque noir et blanc, le bien , le mal, les ténèbres, la lumière et l’énergie mâle et femelle, regardez votre équerre ainsi que votre compas, le ciel et la terre, le féminin et le masculin, l’un ne va pas sans l’autre et les 2 instruments sont traités avec le même respect. Tout, dans une loge maçonnique exprime cette balance, cette harmonie entre les 2 sexes, rien ne vient contredire cette loi, rien, dans une loge maçonnique illustre ou montre que l’énergie mâle est au dessus de tout, non, rien, donc, pourquoi encore de nos jours, une telle réticence à l’admission des femmes en loges?
j ai dit
∴ S ∴Annie Matsunami V∴M∴ de la R .°.L.°. "La lumière du Soleil levant" à L' O ∴ de Gifu-(G.O.A.O.-JAPON)
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